La Russie envoie des missiles S-300 en Syrie

Claudine Rigal
Septembre 25, 2018

Moscou avait fait porter la responsabilité à l'armée israélienne et menacé de mesures de rétorsion, le président Vladimir Poutine expliquant qu'il s'agirait de renforcer les défenses de l'armée russe déployée en Syrie.

" Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats", a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une déclaration diffusée à la télévision.

Selon le porte-parole ministériel Igor Konachenkov, les allégations de représentants de Tsahal selon lesquelles la partie israélienne n'a aucun rapport avec la destruction de l'appareil sont "fausses". "Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation".

Selon Moscou, la disparition de l'avion russe Il-20 le 17 septembre au soir au-dessus de la Méditerranée, avec 15 membres d'équipage à son bord, résulte d'"une succession de circonstances tragiques" ayant abouti à un tir ami de la défense anti-aérienne syrienne.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest). "La navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication de l'aviation militaire attaquant des cibles sur le territoire syrien seront supprimées dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée", selon le ministre russe de la Défense.

Ces tensions témoignent de la manière dont le conflit syrien s'est complexifié depuis son éclatement en 2011, impliquant désormais de nombreuses puissances aux intérêts parfois contraires, des Occidentaux aux Iraniens en passant par la Turquie.

Moscou reproche à Israël, dont les missiles visaient alors des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié, de ne l'avoir prévenue qu'une minute avant les frappes et accuse les pilotes israéliens de s'être servi de l'Il-20 comme d'un " bouclier " contre les missiles syriens.

Une semaine après qu'un avion russe a été abattu en Syrie - tragédie dont la Russie tient Israël responsable -, le ministère russe de la Défense a annoncé la livraison à Damas de systèmes de défense anti-missiles S-300.

"Les informations trompeuses fournies" par l'armée israélienne sur les frappes qu'elle allait mener "n'ont pas permis à l'avion russe Il-20 de se déplacer à temps vers une zone sécurisée", a dénoncé le porte-parole de l'armée russe, Igor Konachenkov, lors d'un briefing présentant les conclusions de l'enquête.

La Russie a annoncé lundi son intention de renforcer la défense antiaérienne de l'armée syrienne avec ses batteries S-300, à la suite de la destruction par erreur d'un avion russe après des frappes israéliennes, ainsi que de brouiller certaines communications sur la Méditerranée.

Sergueï Choïgou est le ministre russe de la Défense: "En 2013, à la demande d'Israël, nous avions renoncé à livrer à la Syrie les systèmes S300 alors que les soldats syriens avaient suivi une formation idoine".

La destruction de l'Iliouchine russe constitue le plus grave accroc au mécanisme de " déconfliction " mis en place entre Israël et la Russie en 2015, afin d'éviter les accrochages entre les armées russe et israélienne en Syrie.

Israël a multiplié en Syrie les bombardements contre des positions gouvernementales, des convois d'armes destinées selon lui au Hezbollah, et de manière intensifiée ces derniers mois contre des cibles iraniennes.

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