L'audience de libération conditionnelle du faux docteur Jean-Claude Romand renvoyée

Claudine Rigal
Septembre 19, 2018

"L'affaire a été renvoyée à une date ultérieure et ne me demandez pas cette date, parce que je ne l'ai pas", a déclaré aux journalistes Jean-Louis Abad, avocat de M. Romand. "Elle a été renvoyée, parce qu'il reste un point à vérifier", a-t-il ajouté à l'issue de cette brève audience.

Condamné à la perpétuité en 1996, Jean-Claude Romand a purgé sa peine de sûreté de 22 ans et est théoriquement libérable depuis 2015.

Pendant plus de quinze ans, il a menti à toute sa famille, se faisant passer pour un médecin de l'Organisation mondiale de la santé. En 1993, alors que la vérité sur sa vie de mensonges menaçait d'éclater, ce faux médecin de 39 ans assassinait son épouse, ses deux enfants et ses parents. Il rentre chez lui, met le feu à sa maison, avale des barbituriques, et rate son suicide.

Il avait inspiré littérature et cinéma. Alors que sa demande de libération conditionnelle sera tranchée mardi, son premier avocat et l'un des psychiatres chargés de l'examiner reviennent sur la personnalité de cet insaisissable mythomane. C'est un détenu qui "ne pose aucun problème, tout à fait gérable" et qui n'a "pas de passé disciplinaire", avait indiqué l'Administration pénitentiaire à l'AFP début septembre.

Une source qui a longtemps côtoyé Romand à Saint-Maur se souvient d'un détenu "calme", "très posé", "assez solitaire", "toujours très poli". Il se rendait à des ateliers où son travail consistait à monter et restaurer des bandes sonores d'archives.

Jean-Claude Romand aura aussi tué le chien, et tous les psys de s'interroger depuis vingt-cinq ans sur la signification de son dernier crime. "L'adversaire", de l'écrivain Emmanuel Carrère (2000), a été adapté pour le théâtre en 2016 et au cinéma en 2002 par Nicole Garcia, avec Daniel Auteuil.

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