Le candidat d'extrême droite à la présidentielle poignardé lors d’un meeting — Brésil

Claudine Rigal
Septembre 7, 2018

Le député brésilien Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite à la présidentielle, a été attaqué ce jeudi à l'arme blanche lors d'un meeting. Il a été évacué très rapidement vers un hôpital.

Il était en pleine campagne, vêtu d'un tee-shirt jaune et saluant la foule dans une rue bondée de la ville de Juiz de Fora, une localité de 700.00 habitants dans l'Etat du Minais Gerais, dans le sud-est du pays, à trois heures de route de Rio de Janeiro, quand il a été agressé, un événement rare dans une campagne présidentielle au Brésil.

"Après avoir dans un premier temps évoqué des " blessures superficielles", son fils a déclaré sur Twitter que son père, opéré en urgence, avait " le foie, un poumon, et une partie de l'intestin perforés " et " avait perdu beaucoup de sang ".

Selon la reconstitution des faits, survenus vers 15h (19 heures, heure de Paris), l'assaillant, Adelio Bispo de Oliveira, 40 ans, "est sorti de chez lui avec un couteau" pour rejoindre la marche de sympathisants de Bolsonaro.

Le candidat, crédité de 22 % des intentions de vote au premier tour par un sondage publié mercredi, a été hospitalisé et il a subi une intervention chirurgicale, rapporte de son côté la chaîne GloboNews TV. "Celui qui m'a commandé, c'est le Dieu que je sers". C'est ce qu'a indiqué le premier sondage réalisé après la récente invalidation de la candidature de l'ex-président Luis Inacio Lula da Silva, jusque-là grand favori malgré sa condamnation à plus de 12 ans de prison pour corruption. Sur son profil Facebook, il avait récemment posté divers messages critiques envers Jair Bolsonaro.

Un témoin de l'attentat a dit que l'assaillant, qui a milité au sein du parti de gauche PSOL de 2007 à 2014, s'était approché de Jair Bolsonaro " avec le couteau dans une main enroulée apparemment dans une chemise de couleur claire ". "Il est intolérable de voir que dans un Etat démocratique il n'est pas possible d'avoir une campagne normale", a lancé le chef de l'Etat. "Jair Bolsonaro apparaît comme la victime et, en tant que victime, pourrait bénéficier politiquement de l'attaque" estime le journaliste Ascanio Seleme, dans une analyse publiée sur le site du quotidien O Globo. Esperamos que a investigação sobre o ataque ao deputado Jair Bolsonaro seja rápida, e a punição, exemplar.

Un autre candidat, Ciro Gomes (centre gauche), a rejeté dans un tweet également "la violence comme langage politique". Il a exigé que "les autorités punissent les responsables de cette barbarie".

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