Le numerus clausus supprimé à la rentrée 2020 — Etudes de santé

Evrard Martin
Septembre 18, 2018

Le numerus clausus, qui limite le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, sages-femmes, dentaires ou de pharmacie, sera supprimé à la rentrée 2020 dans le cadre du plan santé présenté mardi par Emmanuel Macron. "J'espère beaucoup parce qu'on ne peut pas rester avec un système de santé en déliquescence lente mais constante", a affirmé, sur France Bleu Paris, Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, à propos du plan santé présenté ce matin par Emmanuel Macron.

Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent": après les diagnostics alarmants, l'exécutif va détailler une réforme baptisée "Ma santé 2022: un engagement collectif". Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et va mettre la main à la poche pour y parvenir.

Le plan santé comporte " trois orientations et séries de mesures", a indiqué le président.

Dans le détail, des crédits de près d'1,6 milliard d'euros seront consacrés à "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la "transformation numérique" et 420 millions à "l'évolution des métiers et des formations". "Ces personnels de santé accompagneront et déchargeront les médecins d'actes médicaux simples", a précisé Emmanuel Macron avant d'annoncer la création de 4000 postes de cette nature sur tout le quinquennat. Cela se traduira notamment par la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", à mi-chemin entre la secrétaire et l'infirmière, pour permettre aux médecins libéraux de se concentrer sur leur métier. Les hôpitaux seront également incités à améliorer leurs pratiques: l'enveloppe récompensant la qualité des soins sera portée de 60 à 300 millions d'euros dès l'an prochain.

Mais le gouvernement lorgne aussi le gisement d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A).

Dès 2019, de nouveaux financements seront mis en oeuvre pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, obligeant hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire. "Notre système de santé doit mieux prévenir (.) et être construit autour du patient", a aussi dit le chef de l'État.

Son ministère va par ailleurs rebattre la carte hospitalière, pour "organiser une vraie gradation des soins". Sa philosophie générale est de renforcer l'offre de soins.

Un nouveau statut d'hôpital " de proximité " sera créé par une loi en 2019 pour les 600 plus petits établissements, qui seront " réorientés sur des priorités " incluant la gériatrie, la rééducation, l'imagerie, la biologie ou encore la télémédecine. Pour cela il souhaite notamment regrouper les blocs chirurgicaux et les maternités dans les plus gros établissements, pour leur assurer une activité plus importante.

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