L'espérance de vie en Europe sous la menace de l'obésité

Evrard Martin
Septembre 14, 2018

Selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) consacrée à la santé des Européens, l'espérance de vie a augmenté pour les habitants du Vieux Continent, mais les progrès sont très inégaux d'un pays à l'autre ou entre les différents genres et générations. En France, l'espérance de vie est de 86,3 ans pour les femmes, 79,8 ans pour les hommes.

En 2016, l'obésité et le surpoids touchaient respectivement 23,3% (+2,5 points en six ans) et 58,7% (+2,8 points) de la population. Cependant, le gouffre est important entre les deux extrémités du spectre. Plus de 11 ans séparent l'espérance de vie la plus élevée de celle la plus basse au sein des pays européens (83,1 ans au Luxembourg, contre 70,7 ans au Turkménistan).

Certains points problématiques sont relevés, dont de récentes épidémies de rougeole et rubéole et une courbe ascendante de la tendance au surpoids et à l'obésité parmi les adultes dans la région européenne.

En Belgique? L'espérance de vie est de 81,2 ans ( 83,5 ans pour les femmes et 78,8 ans pour les hommes). D'après la Dre Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe, ces facteurs de risque "peuvent ralentir, voire anéantir les progrès importants réalisés en matière d'espérance de vie s'ils ne sont pas maîtrisés". La moyenne régionale est de 77,8 ans.

La mortalité prématurée, imputable aux principales maladies non transmissibles est assez basse en Belgique, soit 229,4 cas pour 100.000 personnes, contre une moyenne de 379,6 dans le bloc. Ces phénomènes sont en effet en hausse dans la plupart des États membres, et la Belgique n'échappe pas à la tendance. En France, d'après l'Inserm, l'obésité touche environ 16% de la population, et près d'une personne sur deux est en situation de surpoids. Le surpoids est davantage encore une problématique à souligner dans le Royaume. En tête du classement, on retrouve la Lituanie (15,2 litres/personne) et la République tchèque (12,7 L/p). L'OMS relève par ailleurs que la surcharge pondérale est plus fréquente chez les hommes, une tendance confirmée en Belgique avec 67,5 des hommes en surpoids contre 51,4% des femmes.

La consommation d'alcool, à la hausse dans les années 1990 et 2000, recule régulièrement depuis 2008 mais reste élevée, à 8,6 litres par personne et par an en 2014, contre 6,4 L/personne dans le monde. Avec 11,5 L/p, la France arrive devant la moyenne de l'UE (10,2 L/p).

Les niveaux de vaccination des enfants belges atteignent 96% pour la rougeole et 98 % pour la poliomyélite. La couverture est supérieure à la moyenne régionale européenne (94,3% pour la rougeole et 96,1 % pour la poliomyélite en 2015).

Les inégalités d'accès à des soins abordables financièrement sont "immenses en Europe", souligne l'Organisation mondiale de la santé.

Enfin, l'OMS fait part d'un "tableau nuancé" concernant la mise en oeuvre d'une couverture sanitaire universelle.

Selon l'OMS, "le surpoids et l'obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé".

Surtout, la répartition de ces dépenses, entre public et privé, éclaire sur les politiques de santé d'un pays à un autre. La Russie affiche un taux de 39,5, la France de 28,1 %.

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