L'Opep et ses partenaires interviendront s'ils le jugent opportun, dit Ryad — Pétrole

Xavier Trudeau
Septembre 24, 2018

Les pays producteurs de pétrole interviendront pour éviter une pénurie sur le marché lorsqu'ils jugeront le moment opportun, a déclaré dimanche le ministre saoudien de l'Energie, dans une réponse apparente aux injonctions du président américain à faire baisser les prix.

Les membres de l'organisation, qui se réunissaient à Alger, avaient pourtant été exhortés par Donald Trump à agir pour faire baisser les cours du baril.

La réunion s'est terminée sans décision de changer les niveaux actuels de production.

Lors de la réunion de l'OPEP, en septembre 2016, à Alger, les pays membres de cette organisation avaient décidé de fixer leur production, dans un intervalle de 32,5 à 33 millions de barils par jour, "et de créer un Comité de haut niveau présidé par l'Algérie en vue d'élaborer les détails de l'accord", selon l'APS. La réunion organisée dimanche entre leurs représentants avait pour objectif de voir si la situation du marché mondial justifiait d'ajuster cet accord.

" Il est primordial que nous continuions à prévoir et à anticiper les changements dans l'équilibre de l'offre et de la demande et que nous prenions des mesures dynamiques pour éviter une conjoncture qui rendrait les consommateurs nerveux et anxieux", a toutefois prévenu M. Al-Falih.

De nouvelles sanctions des États-Unis contre Téhéran prévues pour début novembre devraient faire chuter les exportations de l'Iran au cours des prochains mois et, par le fait même, l'offre de pétrole sur le marché mondial. Elles restent donc pour l'instant sourdes aux appels du président américain Donald Trump alors que des sources évoquaient vendredi la possibilité d'une hausse de 500.000 bpj de la production pour compenser la baisse des exportations iraniennes.

L'Iran, de son côté, affiche sa confiance dans sa capacité à continuer d'écouler sa production à l'étranger.

Une hausse d'un million de barils par jour avait déjà été décidée en juin, malgré une longue résistance de Téhéran.

"En cas de pénuries sur le marché, nous mettrons en place rapidement et résolument les capacités additionnelles disponibles parmi les pays" signataires de l'accord, que ces pénuries soient d'origine géopolitique, technique, météorologique ou autre, a assuré le ministre saoudien.

" Nous maintiendrons ou réduirons l'offre si jamais il y avait une baisse ou un choc de la demande sur le marché ou une hausse de l'offre", a précisé Khaled Al-Falih. "Je ne connais pas un seul raffineur au monde qui cherche du pétrole et qui n'en trouve pas", a-t-il poursuivi.

"Nous étions venus en Algérie en 2016, une année de turbulence, en tant que pays OPEP et non-OPEP, et nous étions parvenus, grâce aux efforts du Président Bouteflika, à conclure un accord historique qui avait permis un retour de la stabilité du marché du brut", a déclaré le président de l'OPEP.

Un projet d'accord de coopération est d'ailleurs à l'étude entre pays membres et non-membres de l'Opep pour permettre de "manière continue, de coordonner, surveiller et intervenir, quand et si nécessaire, pour rééquilibrer le marché". Il est présidé par le ministre saoudien de l'Énergie et co-présidé par son homologue russe.

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