À Marseille, Macron et Mélenchon mettent en scène un rendez-vous nocturne

Claudine Rigal
Septembre 8, 2018

Et pour défendre les politiques, il a cité en exemple son adversaire de la France Insoumise.

Alors que ce rétropédalage a surpris, voire déçu certains de ses soutiens sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon a préféré lire dans cet échange cordial la preuve qu'il n'est pas le dangereux "nationaliste" dépeint régulièrement par les amis d'Emmanuel Macron. "On n'a pas toujours les mêmes idées". Le député des Bouches-du-Rhône lui a alors rendu la politesse en refusant de répéter les attaques virulentes qu'il avait formulées le jour même à l'encontre du chef de l'Etat. Le leader de la France insoumise et le président se sont donc croisés lors d'une rencontre "fortuite" (organisée avec soin par leurs équipes respectives). "Mais c'est toujours respectueux et intéressant". " Plus grand xénophobe qu'on ait " Au cours de sa déambulation, Emmanuel Macron a rencontré Jean-Luc Mélenchon avec qui il a bavardé quelques minutes en souriant". "Peut-être une légère exagération marseillaise", s'est dérobé dans la soirée Jean-Luc Mélenchon sous le regard amusé du président de la République. Plusieurs commentaires de militants désappointés ont accompagné ce message sur la page Facebook de Jean-Luc Mélenchon.

De leur côté, les adversaires souverainistes de Jean-Luc Mélenchon ne se sont pas privés de railler son changement de ton.

Et pourtant, un peu plus tôt, le candidat aux présidentielles 2012 et 2017 n'avait pas épargné le président d la République et la chancellière allemande. Le jeune homme lui a ensuite a demandé des comptes sur Alexandre Benalla, selon lui "protégé par l'Elysée" puisque "le ministre de l'Intérieur n'a pas saisi la justice" pour les violences commises par l'ancien collaborateur du président.

Emmanuel Macron était à Marseille pour un sommet bilatéral en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel, avec qui une alliance se dessine pour les élections européennes de 2019. "Il a été sanctionné par l'Elysée dès le lendemain. Il n'y pas eu obstruction de la justice, je vous le dis les yeux dans les yeux", a plaidé le président, alors que la commission d'enquête du Sénat va auditionner mercredi son chef de cabinet.

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