Moscou accuse les Etats-Unis de menacer "la stabilité mondiale" — Sanctions américaines

Claudine Rigal
Septembre 22, 2018

Annoncées jeudi soir, ces sanctions ont été accueillies avec fureur à Pékin. La Chine, elle, a fait part de sa "grande indignation" après ces sanctions.

Un geste qui "nuit aux relations entre la Chine et les États-Unis".

Selon ce dernier, cette composante de la coopération et du partenariat stratégique russo-chinois est tout à fait conforme aux normes du droit international, est dans l'intérêt des deux pays et contribue à la paix et au développement dans la région. "Il serait bon de se souvenir d'une notion comme la stabilité mondiale, qu'ils ébranlent de manière irréfléchie", a ainsi critiqué le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, dans un communiqué, tout en avertissant que "jouer avec le feu est stupide car cela peut devenir dangereux".

Washington a en outre placé 33 personnes et entités russes supplémentaires, dans les secteurs militaires et du renseignement du gouvernement de Moscou, sur leur liste noire des individus et entités avec lesquels toute transaction est interdite en matière d'armement sous peine de sanctions américaines, ont annoncé des responsables de l'administration Trump.

L'unité du ministère chinois de la Défense visée par les annonces de jeudi est sanctionnée pour l'achat d'avions de combat Soukhoï Su-35 fin 2017 et d'équipement lié au système de défense antiaérienne russe S-400 début 2018. Ainsi, est-ce le cas d'Igor Korobov, patron du GRU, le renseignement militaire russe qui a été dernièrement ciblé dans l'affaire Skripal, du nom de l'ex-espion russe empoisonné en Angleterre en mars et pour lequel les relations entre Londres et Moscou sont devenues exécrables. L'organisation paramilitaire Wagner et son financier Evguéni Prigojine, un homme d'affaires proche du président Poutine, sont également sanctionnés. "C'est une étape importante" pour punir les "activités malveillantes" de la Russie, dont l'ingérence dans les élections américaines, l'annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine, a déclaré à la presse un responsable américain. Ces premières sanctions sont un avertissement pour d'autres pays, notamment la Turquie, alliée de Washington, mais engagée dans l'acquisition de S-400.

Et le choix de la Chine ne semble pas anodin au moment où l'administration Trump durcit le ton à l'égard de Pékin, en augmentant les droits de douane américains.

"Chaque nouvelle série de sanctions démontre l'absence totale des résultats souhaités par nos ennemis (.) Les 'listes noires' américaines se dupliquent de plus en plus".

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