Suède: Les sociaux-démocrates largement en tête aux législatives

Claudine Rigal
Septembre 13, 2018

En France, le Parti socialiste s'est effondré, et l'extrême droite a profité du vide.

La coalition de centre gauche a devancé de peu l'alliance de droite aux élections organisées dimanche en Suède marquées par une nouvelle progression des Démocrates de Suède, une formation d'extrême droite, montrent des résultats partiels annoncés par la commission électorale. Avant l'entrée en scène des Démocrates de Suède en 2010, l'un ou l'autre des blocs obtenait toujours la majorité des sièges au Parlement, formant ainsi un gouvernement.

La Suède est coutumière de cette configuration, qui peut paraître surprenante, mais qui fonctionne dans un pays où la culture politique reste marquée par la recherche du consensus.

En dehors des blocs se trouve le parti anti-immigration, les Démocrates de Suède, très sceptique vis-à-vis de l'Union européenne. Personne n'a obtenu de majorité.

Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix.

Il pourrait parvenir à former un nouveau gouvernement de gauche, de toute façon minoritaire, grâce à la poussée du Parti de gauche. "Cette élection marque l'enterrement de la politique des blocs (.). Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", tendant ainsi la main à l'opposition de centre-droit. Pour le moment, les partis de l'Alliance s'y refusent catégoriquement. En revanche, "les Verts, partenaires des sociaux-démocrates au gouvernement (...), enregistrent le pire échec de ces élections, à 4,3%, à peine au-dessus du pourcentage requis pour siéger au Parlement". "Les sociaux-démocrates ont dominé le paysage politique suédois pendant un siècle". Le parti modéré perdrait quatre points en quatre ans, se hissant péniblement à 19,4% des voix.

Le Parti social-démocrate du Premier ministre Stefan Löfven perdrait trois points par rapport aux législatives de 2014, tombant à 28,1% des suffrages, selon des résultats préliminaires portant sur plus de la moitié des circonscriptions. "L'Alliance ne gouvernera pas et ne discutera pas de la formation d'un gouvernement avec les Démocrates de Suède", lui a indirectement répondu Ulf Kristersson.

Sans atteindre ses objectifs, l'extrême droite suédoise affirme avoir gagné une " énorme influence ". Les Verts et les Démocrates-Chrétiens ont lutté sérieusement tout au long de l'été pour rester au-dessus de ce seuil dans les sondages d'opinion.

Des projections donneront après la clôture des 6.000 bureaux de vote à 20H00 une photographie du rapport de force.

Alors que la Suède est souvent placée sur un piédestal par les groupes réformistes aux États-Unis et en Europe en raison de son État providence relativement important, la réalité est que, comme tout autre pays capitaliste, elle se dirige plus profondément vers une crise économique et politique. Pourtant, la situation semble moins tranchée que prévu: "alors qu'elle espérait renverser la table", l'extrême droite ne parvient pour autant à "réaliser la percée annoncée par son président, Jimmie Åkesson", indiquent Les Échos.

Aucune des deux coalitions ne dispose d'un nombre suffisant de députés au Riksdag (parlement suédois) pour former un gouvernement à part entière.

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