Un milliard à 1,3 milliard d'économies par an demandées à l'Unédic

Xavier Trudeau
Septembre 22, 2018

La lettre de cadrage devrait être envoyée mardi ou mercredi.

Les efforts demandés à l'assurance chômage sont importants: le gouvernement souhaite que les partenaires sociaux, gestionnaires de l'Unédic, trouvent 1 à 1,3 milliard d'euros d'économies par an pendant trois ans, soit 3 à 3,9 milliards d'euros en trois ans. Un objectif qui comprend un coût estimé sur trois ans lié aux nouvelles mesures destinées aux démissionnaires et indépendants, prévues dans le cadre de la loi "avenir professionnel".

Patronat et syndicats gèrent paritairement l'assurance chômage, à travers l'Unédic.

"C'est une réforme à l'envers: on part d'un objectif budgétaire", a dénoncé Jean-Michel Pottier (CPME), qui s'est dit "extrêmement inquiet". "1,3 milliard d'économies par an, c'est beaucoup", a de son côté réagi Michel Beaugas (FO), qui a critiqué un "prisme marqué sur les économies".

Après plusieurs semaines de silence, le gouvernement a finalement abattu ses cartes sur l'épineuse réforme de l'assurance-chômage. Depuis la crise, le régime est passé d'excédentaire (4,5 milliards d'euros en 2008), à déficitaire, (-3,5 milliards en 2017).

Pour la CFDT, "la question, c'est de replacer bien le demandeur d'emploi au coeur de cette logique et de sortir de la logique budgétaire qu'a le gouvernement, avec des économies qui nous ont été annoncées, qui sont extrêmement conséquentes". Mais forte de la convention signée en 2017 et de la reprise économique, l'Unédic table sur un retour à l'équilibre dès 2019, puis à un excédent en 2020.

Lutte contre le recours excessif aux contrats courts, création d'une allocation-chômage de longue durée, revision de la gouvernance du régime. "On est dans une période de croissance, mais jusqu'à quand? s'interroge un proche de la ministre du Travail".

Pour changer la donne, une solution est de revoir les règles permettant aux personnes en activité réduite de cumuler un salaire et une indemnisation du chômage. Le terme de "bonus-malus" - moduler les cotisations des entreprises en fonction de leur utilisation des contrats courts - ne sera pas mentionné dans la lettre de cadrage.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL