Un nombre anormalement élevé de bébés nés sans bras ou sans mains dans l'Ain

Evrard Martin
Septembre 27, 2018

Que s'est-il passé autour de Druillat, petit village de l'Ain, pour que plusieurs bébés naissent subitement avec des malformations inexpliquées?

Les faits remontent à quelques années.

"J'ai pleuré, forcément. Et mon mari est tombé dans les pommes", se souvient la mère de Ryan, 8 ans, né sans main droite. A priori, rien ne montre que ces "agénésies transverses du membre supérieur" soient dues à une anomalie génétique ni à une prise particulière de médicaments.

Pour Emmanuelle Amar, épidémiologiste et directrice générale du Remera, le coupable est davantage à chercher du côté des champs qui bordent le village. "Les mères de tous les enfants concernés ont été interrogées au moyen d'un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie".

L'exposition des futures mamans aux pesticides et autres produits chimiques est en effet reconnue par l'OMS comme un facteur de risque pour les anomalies congénitales du fœtus.

Et pourtant: Le Monde rapporte que le Remera s'est vu priver de subventions publiques en 2017 à hauteur de 123 000 euros par la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Inserm - ce dernier affirme que l'apport du Remera à son travail de recherche scientifique est trop faible pour justifier ce financement. L'agence nationale remet en question sa méthodologie et précise: "Compte tenu de la nature du problème détecté et de ses répercussions sociétales, en termes de craintes des populations concernées, une vigilance renforcée semble nécessaire".

Aujourd'hui, après 45 années d'existence, la structure Remera pourrait disparaître. "Les conséquences sont très simples, c'est la fin de la surveillance des malformations, c'est à dire clairement la fin de l'alerte aussi ", regrette Emmanuelle Amar.

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