Au-delà de cette limite notre ticket n'est plus valable — Climat

Claudine Rigal
Octobre 11, 2018

Il est crucial de maintenir la hausse de la température bien en-deçà de 1,5 degré sans faire appel à la compensation, à l'échange de carbone ou à la géo-ingénierie, mais les preuves présentées par le GIEC démontrent que la marge de manœuvre pour y parvenir est étroite et le sera encore plus. Mais elle n'en prend pas la direction. Ils devront d'abord commencer par accepter le principe de devoir relever le niveau de leurs engagements de réduction d'émission de GES. Des effets qui seraient beaucoup plus graves qu'on ne l'avait auparavant supposé: des conditions météorologiques extrêmes, des pénuries alimentaires, et l'extinction des coraux d'ici 2040.

Le secrétariat de la convention-cadre onusienne sur les changements climatiques (la CCNUCC) s'est "félicité" lundi de la publication du résumé du rapport spécial du Giec sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5°C, soulignant que ce texte confirme bien qu'il est indispensable de maintenir un engagement ferme dans le sens d'une limitation du réchauffement planétaire.

" Le rapport montre que nous n'avons plus qu'une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre ", a dit Amjad Abdulla, qui représente une quarantaine de nations allant des Maldives aux Bahamas en passant par Singapour éparpillées sur tous les océans.

Et les chiffres sont alarmants.

Les plus faibles seront les premiers à subir les conséquences du changement climatique. Le monde fera également face à la recrudescence de certaines maladies transmises par les moustiques, comme la malaria et la dengue, qui affecteront de nouvelles régions au fur et à mesure que le climat deviendra plus doux. Pas si sûr car si nous demeurons au rythme actuel, le monde connaîtrait une hausse de 1,5°C de la moyenne des températures entre 2030 et 2052!

Par ailleurs, une hausse de la température limitée à 1,5 degré limiterait de fait l'acidification de l'océan, liée aux concentrations accrues de CO2. La plus urgente est de faire baisser drastiquement les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Et en 2050, il sera nécessaire d'atteindre une "neutralité carbone ".

Selon des données provisoires, dont le Réseau action climat a fait la synthèse le mois dernier, le pays a dépassé de 6,7% son objectif d'émissions de gaz à effet de serre pour l'année 2017, avec 466 millions de tonnes en équivalent CO2 rejetées dans l'atmosphère contre 437 millions de tonnes programmées.

Ainsi dans le secteur énergétique, le charbon par exemple devrait représenter moins de 2 % de la production d'électricité en 2050, tandis que les énergies renouvelables devraient atteindre 70 % à 85 % de la production. Au-delà d'une hausse de 1,5 °C, la planète tout entière changera de visage. Selon le GIEC, l'économie mondiale devra débourser 2.400 milliards de dollars annuellement pour tenir cet objectif. Mais les chercheurs le répètent: ce n'est rien comparé au coût de l'inaction. Au lieu de fondre une fois par siècle, la banquise arctique fondra une fois tous les dix ans. "Le rôle du Giec n'est pas de déterminer si 1,5 °C est faisable, ajoute Henri Waisman, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), corédacteur du rapport". Pour ne pas discréditer l'accord de Paris, le groupe intergouvernemental a envisagé des scénarios où l'on dépasserait les 1,5 °C, avant d'y revenir avant la fin du siècle.

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