Des associations dénoncent des doses insuffisantes — Baclofène contre l’alcoolisme

Evrard Martin
Octobre 24, 2018

Si l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d'autoriser ce mardi et sous conditions la mise sur le marché de ce décontractant musculaire, utilisé par de nombreux alcooliques pour soigner leur dépendance, les doses vont être limitées à 80 mg par jour.

Le baclofène est un médicament prescrit depuis les années 1970 comme relaxant musculaire pour traiter des affections neurologiques comme la sclérose en plaques.

La décision d'accorder l'autorisation de mise sur le marché "n'est pas un blanc-seing", a prévenu le directeur général de l'ANSM, Dominique Martin, selon qui "ce médicament n'est pas anodin et doit être manié avec beaucoup de précautions". En attendant la commercialisation effective (il reste à négocier le prix de la spécialité), la recommandation temporaire d'utilisation (RTU) est maintenue. Ce cardiologue, décédé depuis, racontait dans son ouvrage comment ce médicament avait supprimé son envie de boire. Mais suite à la parution d'une étude indiquant "un risque accru, augmentant avec la dose, d'hospitalisation et de décès" par rapport aux médicaments déjà commercialisés, l'agence avait révisé sa position en juillet 2017 pour abaisser la dose maximale à 80 mg par jour. Avant d'expliquer qu'il ferait l'objet de "surveillance attentive et qu'il pourrait y avoir des évolutions ". "Si le bénéfice n'est pas celui qu'on attendait et s'il apparaît qu'il faut remettre l'AMM en cause, nous pourrions le faire à n'importe quel moment", a-t-il averti.

Selon son patron, l'ANSM a pris en compte un "besoin de santé publique" pour prendre sa décision. "En gros, c'était stop ou encore", a-t-il dit. Ne pas accorder l'autorisation "ne nous aurait pas paru raisonnable au regard des besoins, de la gravité de la maladie alcoolique". Une AMM "prudente au regard des effets secondaires liés à son utilisation", a salué le psychiatre et addictologue Michel Reynaud, président du Fonds actions addictions, sur le site AddictAide.

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