Deux ourses relâchées, les anti-ours promettent de les "traquer" — Pyrénées

Xavier Trudeau
Octobre 5, 2018

Le choix pour la réintroduction s'est porté sur deux femelles, car il y a deux ours en Béarn, avec l'espoir de " renforcer cette partie occidentale des Pyrénées", poursuit-il. Il a fait du vol stationnaire et a posé une cage.

C'était une crainte des anti-ours. Les deux ourses relâchées jeudi et vendredi dans le Béarn sont en gestation et devraient donner naissances à des petits l'année prochaine, a annoncé vendredi l'Agence forestière slovène qui a supervisé la capture des deux animaux dans le petit pays balkanique. "Je suis en mesure de confirmer aujourd'hui que deux ourses femelles (baptisées Claverina et Sorita, NDLR) ont été réintroduites dans le Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques", a déclaré sur son compte Twitter François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire. Mais dénonce "les attitudes inacceptables" des personnes "qui se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils", dit-il.

Car les opposants, déterminés à "enlever les ourses par tous les moyens possibles" et sur le pied de guerre depuis des semaines, ont amplifié leur mouvement dans la nuit de mercredi à jeudi.

Répartis sur les points stratégiques comme Bielle, Arette ou le col de Marie-Blanque, ils ont tenté de repérer et arrêté dans la nuit les véhicules susceptibles, selon eux, de transporter un ours.

"On n'a pas vu la dépose exacte", dit Franck, un manifestant, "mais soyez sûrs que dans les prochains jours, il va y avoir du monde dans les montagnes".

Jean-Pierre Chourrout-Pourtalet, maire de Sarrance: "On va bloquer tant qu'officiellement, on ne nous dit pas ce qu'il s'est passé".

Des tracteurs sont garés des deux côtés de la route, prêts à la barrer si nécessaire. Des bergers tirent des fusées de détresse et quelques feux d'artifice. Un feu a été allumé dans un bidon sur le bord de la route, un pique-nique se prépare.

Les téléphones sonnent. Tous les endroits sont envisagés et chacun a sa théorie. "On ne les voit pas et cela ne change rien à notre vie", dit Elise Thébault, bergère à Etsaut.

Pourtant, en vallée d'Aspe, sur une route, une inscription proclame: "la guerre est déclarée".

La réintroduction de l'ours provoque de vives tensions dans la région.

Des bergers s'en réjouissent: "Depuis la nuit des temps, les ours ont toujours été là, on a toujours cohabité. On va la guetter", a ajouté le chasseur, aujourd'hui sans armes. Les barrages avaient été levés en milieu de matinée et la circulation est redevenue fluide, aucun axe n'a été à nouveau bloqué, a précisé la gendarmerie en début de soirée.

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