Edouard Philippe dément les tensions avec Emmanuel Macron — Remaniement

Claudine Rigal
Octobre 11, 2018

Plusieurs informations de presse évoquent des désaccords entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe sur le casting, ce que le Premier ministre a démenti mercredi et qui a amené l'Elysée à préciser que les deux hommes n'étaient pas engagés dans un "bras de fer" mais plutôt "un dialogue". Et la nouvelle équipe gouvernementale ne devrait d'ailleurs pas être connue avant vendredi soir au plus tôt, comme l'a indiqué l'Élysée ce mercredi matin.

► Quand aura lieu le remaniement?

Si l'option d'un changement plus large était retenue, Édouard Philippe pourrait remettre la démission de son gouvernement.

La présidence a ajouté qu'Emmanuel Macron "souhaite prendre tout le temps nécessaire, dans le calme, le professionnalisme et le respect des personnes, à la composition d'une équipe cohérente et de qualité au service des Français".

Le remaniement ministérielle promis en début de semaine se fait attendre. Les médias français parlent de consultations menées depuis plusieurs jours en vue de remplacer non seulement Gérard Collomb mais aussi d'autres ministres de l'actuel gouvernement, avec un éventuel redécoupage des ministères.

Enfin, ultime donnée de l'équation: les ministres nourrissant des ambitions municipales pour 2020 devraient pour l'heure rester au gouvernement. "On ne va pas caler nos comportements sur le comportement de Gérard Collomb", a expliqué dimanche le porte-parole Benjamin Griveaux, qui réfléchit lui-même à une candidature à Paris.

► Quelle sera l'ampleur des changements?

Emmanuel Macron, dans son accession météorique aux plus hautes charges et armé de sa volonté de briser les structures anciennes, n'a pas bâti son pouvoir sur des fondations politiques profondes, et son mouvement, la République en marche (LREM), manque de figures proéminentes, de lieutenants, de vieux soldats avec qui il aurait pu développer une profonde complicité, et sur lesquels il pourrait s'appuyer presque aveuglement.

De sources concordantes, le choix du prochain ministre de l'Intérieur s'avère plus compliqué que prévu, faute de candidats disposant du profil recherché par Matignon et l'Elysée.et prêts à accepter le poste. C'est ce qu'avaient fait Alain Juppé en novembre 1995, Jean-Pierre Raffarin en mars 2004 ou encore François Fillon en mars 2008 et en juin 2009. À un de ses proches qui lui demandait quand le nouveau gouvernement sera dévoilé, le chef de l'État a répondu: "Quand je serais prêt", peut-on lire.

D'intenses tractations sont en cours depuis des jours entre le président et son Premier ministre qui s'est encore rendu longuement à l'Élysée mardi. Un accord n'a pas été trouvé.

Ce ne sera pas un remplacement " poste pour poste ".

Sur l'échiquier politique, les sympathisants de droite (Les Républicains et Rassemblement national) sont trois fois plus nombreux à faire confiance à Édouard Philippe plutôt qu'à Emmanuel Macron (65% contre 20%).

Dans une ambiance électrique, des députés d'opposition s'en donnaient à cœur joie, lançant des appels à la "démission" ou relevant bruyamment l'absence de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires donné partant du gouvernement, pendant que son secrétaire d'État Julien Denormandie répondait au micro. " Cela dit, en pratique et sauf dans les situations de cohabitation, le président contrôle tout, précise Dominique Andolfatto". Le Premier ministre propose des noms, le président choisit et nomme. Cette procédure est un peu - voire carrément - hypocrite.

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