Erdogan inaugure à Istanbul le futur plus grand aéroport du monde

Xavier Trudeau
Octobre 29, 2018

Ce lundi 29 octobre, jour de fête nationale en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan inaugurera un projet pharaonique, qu'il a lui-même commandé: le nouvel aéroport d'Istanbul, appelé à devenir le plus grand du monde.

"J'espère que l'aéroport (.) sera bénéfique à notre région et au monde", a déclaré M. Erdogan lors d'une cérémonie officielle, avant de révéler le nom du nouvel édifice: "Istanbul". L'inauguration lundi est avant tout symbolique et l'aéroport ne doit tourner à plein régime qu'à partir de fin décembre.

Avec une capacité d'accueil de 90 millions de passagers par an, le nouvel aéroport d'Istanbul devrait figurer parmi les 5 aéroports les plus fréquentés au monde et pourrait, à terme, accéder à la première marche du podium. "Turkish Airlines, fleuron de l'économie turque, qui assurera mercredi le premier vol commercial du nouvel aéroport à destination d'Ankara, compte tirer parti des dimensions du nouvel aéroport pour élargir son offre". D'ici 10 ans, la capacité d'accueil de l'aéroport devrait atteindre jusqu'à 200 millions de passagers par an, selon son futur opérateur IGA. Le président Erdogan a suivi de près la construction de cet aéroport sur la rive européenne d'Istanbul, près de la mer Noire, qui a été marquée par des retards et par une grève d'ouvriers demandant l'amélioration de leurs conditions de travail.

Le nouvel aéroport d'Istanbul peut aussi se targuer d'être la première plateforme en Europe de type greenfield, c'est-à-dire construite sur un site vierge, depuis près de 20 ans, d'après les précisions d'ACI. En 2019, elle devrait ajouter une quarantaine d'appareils à sa flotte. Les quatre étapes du gigantesque aéroport seront achevés vers 2028, il y aura à terme 6 pistes et deux terminaux aménagés sur un imposant site de 76 km2, selon IGA. D'ici à 2023, son objectif est de transporter 120 millions de passagers par an. La construction de l'aéroport a en effet été accompagnée de polémiques, concernant notamment son impact sur l'environnement. Plus de 34 000 ouvriers ont travaillé d'arrache-pied pour tenir les délais. Plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander une amélioration de leurs conditions et dénoncer des retards dans le versement des salaires.

Des dirigeants des pays des Balkans et d'Asie centrale, ainsi que l'émir de Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ou encore le controversé président du Soudan Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale, étaient présents à la cérémonie. La plupart ont été relâchées, mais une vingtaine de personnes sont encore écrouées. Soit trois fois la taille de l'aéroport international Atatürk qu'il remplacera.

D'après les autorités, une trentaine d'ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux en 2015.

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