Gérald Darmanin nie toute stigmatisation envers les maires — Taxe d'habitation

Xavier Trudeau
Octobre 16, 2018

Des élus estiment que les macronistes sont derrière cette campagne BalanceTonMaire dénonçant les élus qui ont augmenté la taxe d'habitation. "Je ne partage pas ce hashtag, ni la mise en cause, ni la comparaison plus que douteuse que cela traduit ", a réagi samedi sur France Info le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics Olivier Dussopt.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait indiqué ce jeudi que 55 communes de plus de 10.000 habitants avaient voté des augmentations de taxe d'habitation, renvoyant sur les maires la responsabilité de la hausse constatée par certains contribuables.

"Les taux d'impôt qui sont votés lors des conseils municipaux sont des délibérations publiques, il n'y a aucun sujet sur ce point", a déclaré le ministre, après plusieurs jours de passe d'armes avec l'opposition sur cette initiative controversée. "Les choses sont claires (...) Lorsqu'on est en responsabilité", on doit faire preuve "d'information vis-à-vis des contribuables", a insisté le ministre.

"Quand on sait que sous le précédent gouvernement on a diminué les recettes de 13 milliards d'euros, avec des charges supplémentaires, cette année comme chaque année il y a des communes qui augmentent leur taux de fiscalité, il n'y a rien de scandaleux" a-t-elle poursuivi.

"Sur les réseaux sociaux, la campagne de dénigrement enclenchée par les groupes se réclamant du parti majoritaire autour du hashtag #BalanceTonMaire, par référence à une campagne mondiale stigmatisant des délits ou des crimes, est vécue par les élus comme une insulte personnelle", écrit l'AMF.

Cette campagne a poussé l'AMF, par la voix de son président François Baroin (LR), à réclamer des "excuses" au gouvernement. Mais c'est bien les communes, "dans un contexte de baisse des moyens" précise François Baroin, de l'Association des Maires de France, qui décident de cet impôt.

Interrogé en marge de son déplacement, Gérald Darmanin a dit lundi désapprouver le mouvement #balancetonmaire, assurant connaître, en raison de son statut d'ancien maire de Tourcoing (Nord), "la difficulté d'être un élu local".

La veille, c'est la vice-présidente du groupe LREM à l'Assemblée Amélie de Montchalin qui avait pris ses distances: "Il n'y a de notre côté aucune chasse à l'homme, aucune chasse au maire". Mais de nombreux contribuables ont fait part de leur mécontentement, en découvrant sur leur avis d'imposition une baisse inférieure aux 30% annoncés. "Ce n'est pas une initiative de députés, c'est une initiative de militants très marginaux", a-t-il assuré. Un argument contesté par le gouvernement.

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