Google va facturer en Europe ses applications aux constructeurs de smartphones

Alain Brian
Octobre 18, 2018

Jusqu'à présent, Google n'autorisait les vendeurs de téléphones à embarquer le Play Store qu'à condition de respecter des règles strictes. La Commission européenne a pris note de l'annonce de Google.

Suite à la répression exercée par les régulateurs européens, Google annonce mardi 16 octobre dans un billet de blog qu'il ne sera plus nécessaire pour les fabricants européens de téléphones fonctionnant avec Android d'accepter un ensemble d'applications de la société. Deuxièmement, l'entreprise proposera un accord de licence payant à tous les constructeurs souhaitant livrer leurs smartphones sans Google Search et sans Chrome.

Et elle lui a donné 90 jours pour mettre fin à ses pratiques illégales, sous peine de se voir infliger des astreintes allant jusqu'à 5% du chiffre d'affaires quotidien moyen mondial d'Alphabet, maison mère de Google.

Selon un article paru dans le New York Times, Google vendra des licences à des entreprises européennes de produits électroniques grand public pour un pack comprenant le magasin d'applications Google Play, Gmail, YouTube et Google Maps.

Google ne compte bien entendu pas se laisser faire. Et le passage aux licences payantes en Europe semble d'avantage conçu pour apaiser les régulateurs qu'une volonté de Google de générer de nouveaux revenus.

"En second lieu, les fabricants dappareils pourront distribuer la licence de la suite dapplications mobiles Google séparément de Google Search ou du navigateur Chrome".

Après avoir été contraint par la Commission européenne de verser 4,3 milliards d'euros pour abus de position dominante sur son système d'exploitation mobile, le géant va modifier les conditions d'utilisation d'Android en Europe. Mais pour donner accès au populaire Play Store de Google, la société a demandé aux fabricants d'installer le kit de Google, qui comprenait le navigateur Chrome et Google Search. "Nous pensons qu'Android a créé plus de choix, pas moins".

L'UE estimait que cette pratique empêchait injustement les concurrents d'atteindre les consommateurs et ordonnait à Google d'offrir un accès aux applications individuellement.

Cette mise en conformité a été opérée en attendant la décision en appel de la Commission, sachant que les mesures annoncées par la firme de Mountain View peuvent être ajustées ou annulées en fonction du verdict final. Toutefois, en parallèle, elle examine également de nouvelles options afin d'être en mesure de se conformer à la décision prise par la commission si l'appel déposé venait à être rejeté.

Concrètement, si Android restera gratuit, ces mesures induiront des frais supplémentaires pour les fabricants ou les revendeurs souhaitant continuer à utiliser les applications de la firme tout en proposant d'autres navigateurs et d'autres moteurs de recherches que Chrome et Google. Une question qu'ils ne manqueront pas de se poser est de savoir si les fabricants d'appareils ont un intérêt économique à adopter les applications d'autres entreprises s'ils doivent payer pour Google, qui sont parmi les plus populaires.

Google n'a pas immédiatement répondu aux questions de Business Insider.

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