La Turquie accuse l'Arabie saoudite d'avoir découpé le corps — Journaliste disparu

Claudine Rigal
Octobre 11, 2018

Le président des Etats-Unis Donald Trump s'exprimé sur l'affaire de disparition mystérieuse, du journaliste Saoudien Jamal Khashoggi au consulat de l'Arabie Saoudite à Istanbul (Turquie), depuis mardi dernier. Des agents saoudiens auraient ensuite démembré son corps avec une scie à os. "C'est un scénario tout droit sorti de Pulp Fiction", confie un officiel turc au New York Times.

A Londres, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a indiqué avoir rencontré l'ambassadeur saoudien pour réclamer "des réponses urgentes", au sujet de M. Khashoggi.

Dérangeant, ce dernier a-t-il été kidnappé à cause de sa plume?

La disparition de Jamal Khashoggi vire au film d'horreur. Une semaine jour pour jour après que le journaliste s'est évanoui dans la nature, la Turquie accuse une nouvelle fois les autorités de son pays d'origine, l'Arabie saoudite, d'avoir fomenté son assassinat.

Six véhicules ont également été vus sortir du consulat deux heures et demie après l'entrée de Khashoggi, ajoute le quotidien turc, qui évoque également la possibilité que le journaliste n'ait pas été tué, mais transporté à bord d'un de ces avions. On sait que ces 15 individus sont entrés dans le consulat au moment même où Jamal Khashoggiavait rendez-vous pour récupérer ses papiers. Des images de vidéosurveillance à l'entrée du bâtiment et à l'aéroport de la ville turque diffusées par les médias turques montreraient selon eux les responsables. Des sources turques, citant l'enquête en cours, ont en effet affirmé durant le week-end que le journaliste saoudien avait été assassiné dans le consulat. Autre élément dérangeant: en dépit de l'hypothèse d'un assassinat violent émis par des officiels turcs dans des journaux internationaux, certains médias turcs proches du gouvernement en place ont assuré que la police était toujours en train d'explorer la piste du simple enlèvement. Riyad a fermement démenti la thèse de l'assassinat.

Selon des informations du quotidien progouvernemental Sabah, deux avions privés appartenant à une entreprise proche du pouvoir saoudien ont atterri à Istanbul le 2 octobre et en sont repartis le même jour, l'un vers Dubaï aux Emirats, l'autre vers l'Egypte.

La police turque avait révélé samedi qu'un groupe de 15 Saoudiens avait fait l'aller-retour à Istanbul et au consulat le jour de la disparition du journaliste, exilé depuis 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Ce mercredi, le même journal a publié les noms, l'âge et les photographies de quinze hommes présentés comme l'"équipe d'assassinat" dépêchée par Ryad. "Les autorités saoudiennes ont fait savoir qu'elles étaient prêtes à coopérer et qu'une fouille pourrait avoir lieu au consulat", a confirmé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué alors que le Washington Post, pour lequel travaillait notamment Kasshoggi, accroît la pression sur les autorités américaines afin qu'elles diligentent une enquête approfondie et répondent clairement à la question de savoir ce qu'il est réellement advenu au journaliste saoudien, réputé très critique envers le gouvernement de son pays.Depuis le 2 octobre, aucune trace n'a pu être établie quant à son parcours effectif, son épouse qui l'attendait devant le consulat ayant alerté les services de sécurité turcs sur le fait qu'il a "disparu". Selon la chaîne, ils ont quitté l'hôtel dans la matinée pour se rendre au consulat puis sont repartis dans la soirée. "J'implore le président Trump et la première dame Melania Trump d'aider à faire la lumière sur la disparition de Jamal", a écrit Hatice Cengiz dans une tribune publiée par le quotidien.

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