Le producteur obtient l’annulation d’un des chefs d’accusation — Affaire Weinstein

Pierre Vaugeois
Octobre 13, 2018

En mai 2018, après plusieurs mois d'enquête, la justice new-yorkaise a inculpé Harvey Weinstein de viol au premier degré (avec usage de la force) et au troisième degré (sur personne incapable de donner son consentement), ainsi que "d'actes sexuels forcés" sur deux femmes. Un juge de New York a annulé, jeudi 11 octobre, l'une des charges qui pesait sur l'ex-producteur d'Hollywood.

Lucia Evans accusait le producteur de l'avoir obligée à lui faire une fellation dans son bureau en 2004.

L'abandon de cette charge a été décidée par le juge après que les procureurs ont affirmé qu'ils ne pourraient s'y opposer à la lumière des informations contenues dans le dossier.

Les témoignages de l'une des trois plaignantes, Lucia Evans, ont perdu en crédibilité en raison de la révélation d'un document majeur.

Selon Ben Brafman, c'est un document versé au dossier contredisant la version de Lucia Evans, qui a fait pencher la balance, dans cette annulation.

Immédiatement après avoir accepté l'annulation du chef d'accusation, la représentante du procureur, Joan Illuzzi-Orbon, a prévenu que l'accusation n'entendait pas reculer davantage, bien au contraire: "Nous avançons à plein régime", a-t-elle lancé à l'audience. Le juge doit encore se prononcer sur ce recours, qui a mis au jour des correspondances montrant que la victime présumée a maintenu des contacts étroits et affectifs avec Harvey Weinstein après l'agression sexuelle présumée. Il ne s'agit pas de stigmatiser les victimes ou de suggérer qu'une femme qui témoigne ne devrait pas être crue.

Si Weinstein est encore très loin d'être sorti d'affaire, il s'agit cependant d'un sérieux revers pour l'accusation. Les condamnations en matière de crimes sexuels sont rares au regard du nombre de personnes se disant victimes de tels faits, en particulier lorsqu'il s'agit de faits anciens, comme c'est le cas ici. Il a fixé la prochaine audience au 20 décembre. "Voilà pourquoi", a-t-elle estimé. "Ce qui s'est passé, c'est qu'Harvey Weinstein avait été tant vilipendé qu'il était considéré comme une cible facile", qu'il fallait inculper, a estimé Benjamin Brafman.

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