Le rapport du GIEC adopté par les Etats — Climat

Claudine Rigal
Octobre 9, 2018

Si le réchauffement "continue de croître au rythme actuel", sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre, il "devrait atteindre 1,5°C entre 2030 et 2052", souligne le rapport publié ce lundi en Corée du Sud, après avoir été approuvé par les représentants des gouvernements au terme d'une semaine de session avec les scientifiques. Ce qui est une petite différence sur le papier représente en réalité un risque pour 10 millions de personnes supplémentaires. Contre un par décennie au-delà de 2°C.

Depuis, les scientifiques ne cessent d'alarmer sur le fait que la fenêtre d'action permettant de contenir le réchauffement climatique est en train de se refermer faute de mesures suffisamment fortes et d'action coordonnée, jusqu'au secrétaire de l'Onu Antonio Gutteres qui rappelait il y a peu qu'il ne restait que deux années pour agir.

L'impact sur les espèces sera moindre à 1,5°C: moins de feux de forêts, de perte de territoires, d'espèces invasives.

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, la planète a aussi de quoi se faire du soucis en ce lundi après les résultats du premier tour de l'élection présidentielle au Brésil: Jair Bolsonaro, le député nostalgique de la dictature militaire, s'est qualifié avec un score très élevé de plus de 46%. Ce rapport "démontre clairement l'importance de renforcer la réponse mondiale afin de limiter le réchauffement global à 1,5°C et la nécessité que toutes les parties prenantes soient mobilisées", poursuit Business Europe, à laquelle appartiennent une quarantaine de fédération patronales, dont la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

En 2017, les émissions mondiales dues à l'énergie ont encore augmenté et pour le groupe de chercheurs, si nous voulons rester au seuil de 1,5°C, les émissions de CO2 devront être réduites drastiquement avant 2030 (-45% d'ici 2030). A +1°C, 4% de la surface terrestre change d'écosystème, à +2°C ce sera 13%. Et en 2050, il sera nécessaire d'atteindre une " neutralité carbone ".

Villes, industries, énergie, bâtiment, etc.: tous les secteurs sont appelés à s'atteler à de "profondes réductions d'émissions ": rester à 1,5ºC demandera "une transition rapide et de grande portée ", d'une ampleur "sans précédent ".

Pour sa collègue française, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est " un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas ". Ce surplus de CO2 devra être pompé (ce sont des "émissions négatives").

Pour parvenir à cela, le rapport préconise de faire passer les énergies renouvelables de 20 à 70 % de la production électrique au milieu du siècle. S'ajoutant à cette diminution, le monde devra attendre la " neutralité carbone " en 2050. Un coût qu'il faut mettre en regard avec le coût, bien plus élevé, de l'inaction, soulignent les scientifiques.

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