Les cabines de bronzage bientôt interdites en France?

Evrard Martin
Octobre 12, 2018

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail recommande d'interdire le plus rapidement possible les cabines de bronzage en raison de leur risque cancérigène.

La dangerosité de l'exposition aux rayonnements UV émis par les cabines de bronzage ne date pas d'hier.

En 2014 déjà les autorités sanitaires recommandait l'arrêt à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels.

"On recommande l'arrêt de l'activité liée au bronzage artificiel, et aussi l'arrêt de la vente d'appareils délivrant des UV à visée esthétique, notamment aux particuliers", a confirmé Olivier Merckel, le chef de l'unité d'évaluation des risques aux agents physiques à l'Anses, dans des propos rapportés par franceinfo. Les experts rappellent d'abord que les rayonnements émis sont de forte intensité, "équivalant à l'exposition à un soleil tropical", soit un indice UV maximum de 12, une valeur particulièrement élevée étant donné que les indices UV relevés en France sont au maximum de l'ordre de 8 ou 9. Ces doses d'ultraviolets se cumulant à celles reçues naturellement, elles provoquent des dommages de l'ADN.

Outre le risque de cancer, les rayonnements artificiels entraînent d'autres effets délétères, comme un vieillissement accéléré de la peau, " quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil ". Enfin, cette exposition aux UV artificiels ne prépare pas la peau à l'exposition solaire, ne protège pas contre les coups de soleil et ne permet pas un apport significatif de vitamine D.

L'interdiction de ces cabines est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l'Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par les pouvoirs publics, qui se sont contentés de durcir leur réglementation. "En France, il a été estimé que 43% des mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation de ces cabines avant l'âge de 30 ans", a souligné l'agence. Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines d'UV avant 35 ans augmenteraient quand à elles de 59% le risque de développer un mélanome cutané.

De son côté, le syndicat national des professionnels du bronzage en cabine maintient dans un communiqué paru ce mercredi que " le bronzage raisonné n'est pas dangereux et participe au bien-être des Français ".

Le ministère de la Santé, contacté par l'AFP, n'a pas encore défini sa décision après l'avis transmis il y a "quelques jours".

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