Les "centres d'internement" de musulmans ouighours défendus par les autorités — Chine

Claudine Rigal
Octobre 21, 2018

Jusqu'à un million d'Ouïghours et de membres d'autres ethnies chinoises de langue turque sont ou auraient été détenus dans ces établissements de la région du Xinjiang, selon des estimations citées par un groupe d'experts de l'ONU.

Malgré des preuves récoltées par des ONG et des médias étrangers, le gouvernement chinois a durant plusieurs mois niés l'existence de camps secrets de détention de musulmans au Xinjiang. Mais la publication d'images satellites et la présence de documents officiels d'autorités locales sur internet mentionnant leur existence l'ont poussée à revoir sa position, mais en minimisant la gravité des faits. Mais la semaine dernière, le Parti communiste chinois a brusquement changé de discours et tenté de justifier l'enfermement d'au moins 800 000 personnes, majoritairement issues de l'ethnie ouïghoure, en proposant des amendements à la loi "antiextrémisme" Ces nouveaux textes cherchent à donner un cadre légal à l'utilisation de "centres de formation professionnelle" pour "éduquer et transformer" les personnes influencées par une "idéologie extrémiste" et leur offrir des "opportunités d'emploi".

Dans une interview accordée à l'agence de presse, Xinhua, Shohrat Zakir, président de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, a expliqué le lancement du "programme d'éducation et de formation professionnelle", destiné à "faciliter ses efforts pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme". Il n'a pas précisé combien de personnes y étaient accueillies, ni si elles sont autorisées à en sortir comme elles le veulent. Cela entraîne des conditions de vie et de travail difficiles dans la région.

" Grâce à cette formation professionnelle, la plupart des élèves sont capables de réfléchir à leurs erreurs et de voir clairement l'essence et le côté néfaste du terrorisme et de l'extrémisme religieux", assure le cadre du Parti.

La Chine reconnait l'internement et donne sa version des faits!

" Cela fait partie d'un programme gouvernemental pervers qui consiste à soustraire des enfants de citoyens musulmans d'ethnie turque à leurs familles, au nom de leur bien-être matériel", a-t-elle indiqué mardi dans un communiqué. De même, "dans un rapport du Congrès américain sur les droits de l'homme en Chine, des élus républicains et démocrates affirment que les autorités chinoises mènent une "répression sans précédent" contre la minorité musulmane ouïghoure, qui pourrait constituer "un crime contre l'humanité", a affirmé Le Figaro".

Les affirmations de M. Zakir " sont une insulte à la fois pour ceux qui souffrent dans les camps et les familles des disparus ", a déclaré l'expert d'Amnesty International sur la Chine Patrick Poon.

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