Les Européens et May tuent tout espoir d'accord immédiat — Brexit

Claudine Rigal
Octobre 18, 2018

Michel Barnier, négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit au sommet des dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, en Belgique, le 17 octobre 2018. Theresa May, qui a parlé pendant une quinzaine de minutes, a fait une " évaluation positive " des " progrès " réalisés jusque là, selon une source européenne.

Mercredi, les 27 attendaient une nouvelle impulsion aux négociations de la part de Theresa May. Le président du Conseil européen Donald Tusk avait prévenu qu'il demanderait à la dirigeante britannique des propositions " concrètes " et " créatives " pour pouvoir avancer. Un scénario inenvisageable pour la Première ministre Theresa May.

" Il y a encore du travail devant nous", ajoute pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel, qui fait pourtant état d'un accord " prêt à 90 % ". Theresa May a eu plusieurs rencontres en bilatéral avant de se présenter devant les chefs d'État ou de gouvernement des 27 autres pays de l'UE: avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen, Donald Tusk, ou encore le président français Emmanuel Macron. Elle constituerait une "annexion permanente de l'Irlande du Nord, qui sortirait du Royaume-Uni, et nous laisserait pour toujours soumis à des règles écrites sans que nous ayons notre mot à dire", a déploré sa dirigeante, Arlene Foster, dans une tribune publiée samedi par le journal 'Belfast Telegraph'.

"Même si on trouve un accord ici, ce n'est pas encore garanti qu'il passe à Londres", a résumé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

Ce sommet européen est censé marquer la fin des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue pour le 29 mars 2019.

Principal écueil: la question d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, dont les deux camps veulent éviter le retour pour sauvegarder les Accords de paix de 1998.

L'UE s'inquiète de la position du gouvernement britannique, empêtré dans des disputes intestines et qui doit encore s'assurer du soutien du Parlement à tout texte négocié.

"Oui, il reste des différences sur la question d'un +filet de sécurité+ pour l'Irlande du Nord". Il en est de même de l'instauration d'une "période transitoire" pendant laquelle Londres continuera à profiter des avantages du marché unique (jusqu'au 31 décembre 2020), période qui devra être mise à profit pour négocier un accord commercial entre les deux ex-conjoints.

Selon M. Wilson, "on peut objectivement dire que ce que l'UE nous offre est un accord pire qu'un accord, et donc elle (Mme May) serait mal avisée de l'accepter".

Prolonger la transition, "ce n'est pas une solution en tant que telle". Ça ne va pas résoudre miraculeusement le problème " de la frontière, a cependant nuancé un diplomate européen.

Cette solution, rejetée en l'état par Londres, prévoit de maintenir l'Irlande du Nord dans l'union douanière et le marché unique, si aucune autre solution n'est trouvée.

Le gouvernement britannique propose de rester aligné sur les règles douanières de l'UE jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large, ce qui permettra d'éviter le contrôle de marchandises aux frontières.

Avec des négociations qui patinent et l'horloge qui tourne, le scénario d'une absence d'accord plane de plus en plus sur les discussions.

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