Les méthodes de François Thierry passées au crible — Lutte anti-drogue

Pierre Vaugeois
Octobre 11, 2018

A la suite de l'enquête instruite à Lyon sur les pratiques controversées de la lutte contre les stupéfiants dans les temps du commissaire François Thierry, deux magistrates ont été placées en garde à vue. C'est ce que cherche à savoir l'Inspection générale de la police nationale.

Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, est sortie de garde à vue en fin de journée, tandis que la seconde, Véronique Degermann, actuellement procureure adjointe au parquet de Paris, était toujours entendue mardi soir, selon ces sources.

Dans ce contexte, François Thierry a été placé en garde à vue lundi 8 octobre à Paris. Il a été interrogé, avec un autre homme, pour infraction à la législation sur les stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture. Cette affaire, pour laquel François Thierry est déjà mis en examen, avait attiré l'attention des enquêteurs en 2017. Selon "Le Parisien" qui révéle l'information, les juges lyonnais veulent comprendre les conditions dans lesquelles un indicateur, Sophiane Hambli, a été temporairement extrait de prison, en avril 2012, pour être conduit dans un hôtel, dans le cadre d'une vraie-fausse garde à vue. L'affaire fait scandale; privé de son habilitation d'officier de police judiciaire, François Thierry est finalement muté hors de la PJ. La justice découvre alors que la drogue est arrivée en France dans le cadre d'une livraison surveillée, opérée par l'Ocrtis avec l'aide d'un informateur important de "l'Office", considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol. Les camionnettes renfermant la marchandise vont être découvertes en fait par les douaniers alors qu'elles sont garées au pied du luxueux appartement de cet "indic".

M. Thierry est soupçonné d'en avoir favorisé l'importation sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire des modalités de l'opération, ni du rôle-clé de cet informateur qu'il gérait en direct. Il affirme au contraire que les magistrats, notamment ceux du parquet de Paris, étaient au courant de ses méthodes. Dès le 1er octobre 2015, soit avant la saisie du boulevard Exelmans, il avait écrit à François Molins, procureur de Paris, pour lui faire part de ses doutes sur la légalité du cadre de ses activités.

M. Thierry a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté dans un 3e volet instruit à Paris portant sur une saisie de cocaïne à l'aéroport d'Orly, selon une autre source proche du dossier.

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