Libre-échange: incertitude sur les négociations entre le Canada et la Chine

Xavier Trudeau
Octobre 3, 2018

Le Canada et les Etats-Unis se sont entendus dans la nuit de dimanche à lundi sur un nouvel accord, baptisé AEUMC pour remplacer un traité de libre-échange crucial qui lie leurs économies et celle du Mexique depuis 1994.

Il reste à voir quel impact l'AEUMC, conclu dimanche soir, aura sur les indicateurs économiques au cours des prochaines années, mais les déficits commerciaux qui ont amené le président américain Donald Trump à exiger un accord commercial renégocié vont probablement perdurer, a estimé M. De la Cruz. Il avait d'ailleurs insisté tout particulièrement pour que le nom, Aléna ou Nafta en anglais, soit changé.

Le nouvel accord commercial scellé dimanche soir (30 septembre) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique s'appellera "Accord États-Unis-Mexique-Canada " (AEUMC) et succédera au traité signé en 1994. Le quotidien The Globe and Mail, citant des sources de part et d'autre de la frontière, avait indiqué en fin de journée que les négociateurs canadiens et américains étaient tout près d'un accord. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place.

Une première. Washington et Ottawa se sont mises d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement.

Selon des sources citées par les médias, Ottawa était prête à des concessions sur son secteur laitier si Washington acceptait l'exigence canadienne d'un maintien du mécanisme de règlement des conflits de l'Aléna (chapitre 19).

Le système des règles d'origines en matière de production automobile évolue peu. Le Premier ministre Justin Trudeau, tout comme Chrystia Freeland, sa ministre en charge du Commerce, avaient répété régulièrement que pour le Canada, pas d'accord valait mieux qu'un mauvais accord.

Pour rappel c'est Trump qui a forcé la renégociation du vieil accord de l'Aléna, qui en 24 ans d'existence a permis d'intimement imbriquer les économies des trois pays. Le point le plus difficile dans les discussions du week end a été, selon le Globe, la demande canadienne que Washington lève les droits de douane imposés sur l'acier et l'aluminium et accepte de ne pas en imposer sur l'importante industrie automobile canadienne, une menace régulièrement brandie par le président américain.

Plusieurs dates-butoir étaient déjà passées sans conclusion.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de Justin Trudeau.

M. Trump veut signer le texte à la fin novembre avec le président sortant mexicain, Enrique Peña Nieto, qui quitte le pouvoir le 1er décembre et le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Mexico a rapidement salué l'accord trouvé entre Ottawa et Washington: "Nous célébrons l'accord trilatéral". Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région.

L'accord a été bien accueilli par les marchés asiatiques, où l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a atteint lundi un niveau inédit depuis novembre 1991 et le dollar canadien a bondi à son plus haut niveau en cinq mois.

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