Nouvelle enquête pour lever une incertitude "insupportable" — Bébés sans bras

Alain Brian
Octobre 23, 2018

Le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle enquête sur des bébés nés sans bras dans plusieurs départements, a déclaré ce dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn en jugeant " insupportable " que ces cas groupés restent sans explication. Mais les causes de ces malformations restent inconnues.

Emmanuelle Amar, directrice générale du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), qui a rendu publique l'affaire des naissances groupés de bébés nés sans bras ou sans main dans l'Ain, a estimé lundi 22 octobre sur franceinfo qu'il n'était pas "acceptable" que la nouvelle enquête soit confiée à l'agence nationale de santé publique, Santé publique France. A l'inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée.

Dimanche, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a annoncé vouloir lever le voile sur les bébés nés sans bras, au micro du Grand Jury RTL - Le Figaro - LCI. "Santé publique France n'a ni vu ni entendu les familles, ne les connait pas, ne connait pas leur nom".

Après une première enquête, l'agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. "On ne peut pas se satisfaire de dire qu'on n'a pas trouvé de causes, c'est insupportable", a ajouté la ministre. Pour certains élus écologistes comme Yannick Jadot, tête de liste EELV lors de l'élection européenne de 2019, les pesticides pourraient être à l'origine des malformations, même s'il n'y a pas de preuves scientifiques.

"Il y a malheureusement en France entre 80 et 100 naissances par an d'enfants nés avec des malformations des membres plus ou moins importantes".

Dans ce département, "il y a un débat entre les scientifiques pour savoir s'il y a un excès de cas".

L'annonce d'une nouvelle enquête est "une grande avancée", s'est félicitée Mme Amar auprès de l'AFP. On a beaucoup de scientifiques indépendants de qualité en France. Relancer des investigations est "responsable", a également réagi l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage. "On ne peut pas faire le choix de confier les investigations à ceux-là même qui, la veille, nous disaient circulez, il n'y avait rien à voir, qui mettaient en doute notre probité, notre honneur en disant qu'on avait manipulé les médias et l'opinion".

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