Ottawa et Québec ne soutiennent plus Michaëlle Jean (officiel) — Francophonie

Claudine Rigal
Octobre 10, 2018

"Pour ce qui est du poste de Secrétaire général, le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie", a confirmé dans un courriel à l'AFP Jérémy Ghio, porte-parole de la ministre canadienne de la Francophonie Mélanie Joly.

"L'Afrique recèle de potentiels énormes, tant pour notre économie, que pour l'avenir de la langue française".

Le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba se rendra au 17ème sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui se tiendra du 11 au 12 octobre prochain à Erevan en Arménie, a annoncé mardi une source de la direction de la communication présidentielle (DCP). "La France se rallie à une candidature qui est portée par un continent tout entier", assure le ministre.

C'est d'ailleurs ce Sommet qui avait poussé le Premier ministre à anticiper d'une journée sa déclaration annuelle de politique générale à la Chambre, qui marque la véritable reprise des activités parlementaires.

La lutte électorale qui oppose Michaëlle Jean à Louise Mushikiwabo pour le poste à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) va bien au-delà de la question des dépenses jugées inappropriées qui ont entaché la réputation de la Canadienne dans les médias nationaux.

Il faut savoir que le soutien de François Legault à Michaëlle Jean était loin d'être acquis: il a réservé son jugement à ce sujet durant toute la campagne électorale, car il disait vouloir être bien informé sur ces questions de gouvernance avant de prendre position. "Clairement, il faudra qu'elle se rende à l'évidence", a ajouté cette même source.

De l'avis de plusieurs observateurs, la secrétaire générale sortante a des chances infinitésimales de se voir confier les rênes de l'institution pour un second mandat. Mais son bilan a grandement été terni par les nombreux reportages des médias portant sur des dépenses excessives à la résidence de fonction mise à sa disposition à Paris.

A lire aussi: Francophonie: le Premier ministre élu du Québec soutiendra-t-il la candidature de Michaëlle Jean? "Il fallait éviter que la candidature de M Jean devienne une distraction au Sommet de la Francophonie par rapport aux enjeux prioritaires sur lesquels on doit se pencher", a indiqué le député conservateur de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Steven Blaney.

Or, le professeur Jocelyn Coulon, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CÉRIUM) de l'Université de Montréal, évoque les "ambitions françaises en Afrique " du Président Macron: "La France est déterminée à maintenir et à consolider son statut de première grande puissance en Afrique", dit-il. Quatre ex-ministres français responsables de la Francophonie ont d'ailleurs signé une lettre ouverte intitulée "Louise Mushikiwabo n'a pas sa place à la tête de la Francophonie" en septembre dans le quotidien Le Monde pour afficher leur désapprobation. Avec l'Union africaine - dirigée par le Rwanda cette année -, ces pays vont apporter leur soutien à l'actuelle cheffe de la diplomatie rwandaise qui jouit aussi d'un soutien appuyé de la part du président français, Emmanuel Macron.

L'OIF compte actuellement 84 États et gouvernements membres, la vaste majorité d'entre eux étant des pays africains.

Selon la presse québécoise, Paris aurait proposé à Ottawa de retirer la candidature de Mme Jean, en échange d'appuis aux Nations unies, où le Canada fait campagne pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité.

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