Que prévoit la réforme du gouvernement — Retraites

Xavier Trudeau
Octobre 11, 2018

Les organisations syndicales, qui pressaient depuis des semaines le haut-commissaire de dévoiler les orientations de la réforme, se sont déclarées satisfaites de la rencontre, même si elles n'approuvent pas toutes les mesures décidées.

L'expérimenté Jean-Paul Delevoye, nommé Haut commissaire à la réforme des retraites en septembre 2017, a multiplié ces derniers mois les échanges bilatéraux avec les partenaires sociaux. Un premier tableau qui a satisfait la plupart des partenaires sociaux, sans dissiper toutes leurs craintes.

Des cotisations jusqu'à 10.000 euros de revenus mensuels, avec prise en compte des primes des fonctionnaires, et des pensions majorées dès le premier enfant: le gouvernement a dévoilé ce mercredi les "premiers grands principes " de sa future réforme des retraites. "Ça va détruire les 42 régimes existants", a réagi le secrétaire général de Force Ouvrière à l'issue de la rencontre.

Le rideau de fumée se dissipe en partie sur la promesse présidentielle de ne pas toucher à l'âge de départ à la retraite.

Dans la fonction publique, les primes des agents civils et militaires "seront prises en compte pour le calcul des droits à retraite", ce qui n'est pas le cas actuellement. Les travailleurs indépendants, en revanche, " bénéficieront d'un régime de cotisations adapté afin de ne pas bouleverser les équilibres économiques de leur activité ". Les oppositions de gauche et de droite fustigent un projet hypocrite, car cet âge viserait à remplacer implicitement l'âge légal de départ à la retraite. Pour tous les autres, la transition "sera très progressive" et les droits acquis "avant l'entrée en vigueur du nouveau système seront conservés à 100%". L'âge légal restera bien fixé à 62 ans. Les points accumulés, qui permettront de calculer le montant de la retraite, seront enregistrés dans un compte unique.

Échaudé au printemps par la polémique sur une possible suppression des pensions de réversion, l'exécutif assure désormais que ce dispositif de solidarité sera maintenu, de même que le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées. La transition sera cependant "progressive" et ne concernera ni les retraités actuels ni "ceux qui seront à moins de cinq ans de l'âge de départ au moment de l'adoption de la loi". En attendant (quinze ans?), Jean-Paul Delevoye plaide pour le régime universel: "Qu'il s'agisse d'un fonctionnaire, d'un salarié du privé ou d'un indépendant, s'ils gagnent la même somme d'argent pendant 40 ans, l'un et l'autre auront la même retraite". "On va vous dire "vous pouvez partir à 62 ans" mais si vous n'avez pas les moyens de vivre, vous allez continuer à travailler pour avoir plus de points", prédit-il, expliquant que "la finalité, c'est que vous allez partir à 65, 67 ans". "Les interruptions d'activité " comme le chômage, l'invalidité, la maladie ou la maternité resteront compensées dans ce système par points.

A court terme, le calendrier reste incertain: la concertation "nous amène déjà en avril-mai", reconnaît Jean-Paul Delevoye. Le texte que le chef de l'Etat voulait voir "voté au premier semestre " pourrait donc être déposé après les élections européennes, pour une adoption "dans le courant de l'année 2019 ".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL