Quel avenir pour l’aciérie Ascoval et ses 281 salariés — Saint-Saulve

Xavier Trudeau
Octobre 29, 2018

Une centaine de salariés et intérimaires, qui devaient prendre leur poste à 6h, ont attendu dans le calme jusqu'à 7h30 environ, avant de rentrer chez eux pour la plupart.

" C'est un blocage complet du site".

Alors qu'une trentaine de salariés d'Ascoval, filière de Vallourec, bloquent les entrées du site du groupe, à Aulnoye-Aymeries (Nord) vendredi matin, Nicolas Lethellier, délégué CGT de Saint-Saulve, assure que le mouvement n'est "pas prêt de céder". "On est plutôt solidaires de ce qu'il leur arrive".

L'aciérie de Saint-Saulve (Nord), qui compte 281 employés, est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Ascq Industries, et s'est vue accorder cette semaine un sursis de deux semaines par la justice. Basé dans la Somme, Altifort a présenté une "offre ferme" de reprise, s'engageant à maintenir l'ensemble des emplois et à en créer des nouveaux. Sauf que Vallourec a refusé en début de semaine cette requête, la jugeant "contraire à la préservation (de ses) intérêts", ce qui n'a pas manqué de susciter la colère des syndicats.

La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, et son cabinet ont rencontré des représentants de Vallourec (principal actionnaire d'Ascoval), le président et les administrateurs judiciaires d'Ascoval, les dirigeants d'Altifort et Secafi, le conseil mandaté par le comité d'entreprise de l'aciérie Ascoval, a-t-il précisé. "Ce serait ne pas les respecter", a reconnu Mme Pannier-Runacher, qui la veille avait demandé un avis indépendant sur la situation économique du site où presque 300 emplois sont menacés. "Mon sentiment, c'est que Vallourec ne veut plus d'usine en France", déplorait-il. "Je les comprends mais, en même temps, je m'inquiète pour ma journée de travail", a témoigné pour sa part Alain Collart, intérimaire chez Vallourec Oil and Gas, pour qui ça devait être la deuxième journée de travail à fabriquer des manchons pour assembler les tubes. "On va peut-être travailler, mais pour l'instant on attend".

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