Réchauffement climatique : nouveau coup de semonce du Giec

Claudine Rigal
Octobre 9, 2018

Au lendemain de la publication du dernier rapport du Giec, le groupe d'experts sur l'évolution du climat (Le Soir des 6 et 8/10), les déclarations se sont multipliées, soulignant l'urgence d'une action contre les changements climatiques.

Selon plusieurs participants, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, contestait un chapitre faisant référence aux engagements pris à Paris par les Etats pour réduire leurs émissions et soulignant leur insuffisance globale si le monde veut rester à 1,5°C. La différence entre un réchauffement d'1,5°C et de 2°C "peut sembler minime", prévient-il, mais les études menées par le Giec montrent bien que ce demi-degré supplémentaire pourrait avoir des conséquences désastreuses et bien concrètes pour des centaines de millions de personnes, met en avant le secrétariat de la CCNUCC.

"Les entreprises européennes sont engagées dans des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et sont prêtes à fournir les solutions pour lutter contre les changements climatiques et construire une économie européenne forte", a réagi l'organisation patronale européenne Business Europe, après la publication du rapport spécial du Giec. La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu'à 2, de l'Asie du sud-est à l'Amérique latine, dit encore le rapport.

Leur mise en garde face à un risque accru pour la planète d'ici 2040 est l'une des principales conclusions de leur rapport sur la probabilité de contenir le réchauffement climatique à une hausse de 1,5 degré, soit au niveau préindustriel. Le Giec, toujours à propos de ce fameux seuil des 1,5 degré, a fait savoir que si rien n'était fait pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, la hausse de la température moyenne du globe atteindrait 5,5 degrés d'ici à 2100. Et si la barre des 2°C est atteinte, ces populations seront deux fois plus touchées. À 1,5°C, l'Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle.

L'impact sur les espèces sera moindre à 1,5°C: moins de feux de forêts, de perte de territoires, d'espèces invasives. Et encore, ce sera si les états arrivent à limiter ce réchauffement à 1,5°C.

Pour rester à 1,5°C, le Giec préconise que les émissions de CO2 devront chuter drastiquement dès avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050. Autrement dit, l'humanité devra cesser d'émettre plus de CO2 dans l'atmosphère qu'elle ne peut en retirer.

Ces " profondes réductions d'émissions " font appel à tous les secteurs: villes, industries, énergie, bâtiment... S'ajoutant à cette diminution, le monde devra attendre la " neutralité carbone " en 2050.

Selon le rapport, quelque 2.400 milliards de dollars d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial.

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