Trump veut réduire l'aide à des pays d'Amérique centrale — "Caravane" de migrants

Claudine Rigal
Octobre 23, 2018

Il accuse le Honduras, le Salvador et le Guatemala, de ne pas avoir été capable "d'empêcher les gens de quitter leur pays pour entrer illégalement aux États-Unis".

C'est de cette ville du nord du Honduras que le 13 octobre la caravane de migrants, essentiellement des Honduriens fuyant la violence et la misère dans leur pays, s'est mise en route, après un appel sur les réseaux sociaux.

Lundi, Donald Trump a reproché à l'armée et à la police mexicaine d'être "incapables" d'arrêter les migrants, et dit avoir attiré l'attention de l'armée américaine et des garde-frontière sur ce dossier.

Plus de 7000 personnes composent désormais cette "caravane", selon le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Aziz Haq, en citant une estimation de l'Organisation internationale pour les Migrations.

Environ 2 000 migrants honduriens, qui faisaient partie de la caravane de migrants tentant de rejoindre illégalement les USA en passant par le Mexique et le Guatemala, ont en fin de compte entamé le chemin de retour vers le Honduras, avec l'aides des autorités guatemaltèques, a confirmé le président du Guatemala, Jimmy Morales.

Le président américain avait déjà menacé de fermer la frontière avec le Mexique si les autorités ne bloquaient pas l'avancée de ces migrants. Dimanche, il a déclaré sur Twitter que les Honduriens devaient "d'abord faire une demande d'asile au Mexique". "S'ils ne le font pas, les États-Unis les rejetteront", a-t-il prévenu.

La caravane doit tenter de rejoindre Tijuana ou Mexicali, dans le nord du Mexique.

Beaucoup de migrants n'emportent avec eux qu'un ou deux petits sacs, d'autres se sont débarrassés de leurs effets personnels au cours du voyage, ne gardant que les vêtements qu'ils portent et quelques habits de rechange, a constaté une journaliste de l'AFP. "Ce gouvernement dit d'un côté qu'il respecte les droits des migrants, mais il ne leur permet pas un passage digne et sûr en refusant de leur fournir rapidement un visa humanitaire" déplore Rodrigo Abeja.

Cette marche vers les États-Unis a débuté il y a neuf jours à San Pedro Sula, dans le nord du Honduras.

La route à travers le Mexique expose les migrants au risque d'agressions de la part de groupes criminels. Selon le ministère de l'Intérieur mexicain, entre vendredi et dimanche 1.028 demandes d'asile ont été déposées. Ils ont circulé à pied ou en autobus sur une distance de plusieurs centaines de kilomètres jusqu'à la frontière guatémaltèque.

En 2010, 72 d'entre eux avaient été séquestrés par le sanguinaire cartel des Zetas avant d'être assassinés dans l'État de Tamaulipas pour avoir refusé de rejoindre leurs rangs. Plus de 500.000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l'ONU.

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