Un rélèvement des taux et des propos de Trump affolent les Bourses

Xavier Trudeau
Octobre 12, 2018

L'indice Dow Jones était tombé mercredi à son plus bas niveau depuis février, chutant de 3,15%, alors qu'il avait atteint un sommet historique il y a huit jours. La Bourse de Hong-Kong reculait de près de -4% une heure avant la clôture hier et perdait -3,19% à l'ouverture jeudi. L'indice suisse a quant à lui reculé de 2,85%.

Les marchés sont "menacés", analyse Stephen Innes, responsable des échanges Asie-Pacifique chez OANDA, pour qui "les paris sont ouverts" sur la suite du scenario.

Ces critiques, très rares de la part d'un président, ont été quelque peu déminées par son principal conseiller économique, Larry Kudlow, qui a affirmé sur la chaîne CNBC que M. Trump "ne dicte pas sa politique à la Fed". Mais je ne suis vraiment pas d'accord avec ce que la Fed est en train de faire, okay!

Pour éviter la surchauffe d'une économie en pleine forme et une éventuelle résurgence de l'inflation, la banque centrale américaine a relevé les taux d'un quart de point de pourcentage par trois fois cette année.

"De nombreux facteurs viennent perturber les marchés, allant de la hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale américaine (Fed), aux craintes de mauvaises nouvelles durant la saison des résultats qui s'ouvre, en passant par des données économiques décevantes à l'étranger, principalement en Chine", a énuméré Nate Thooft de Manulife AM. Elle compte le faire encore en décembre. De tels relèvements de taux "sont un développement nécessaire" et "inévitable" pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage "extrêmement bas", a-t-elle insisté lors d'une conférence dans l'île indonésienne de Bali. Ces taux au jour le jour qui conditionnent les crédits à la consommation et les crédits immobiliers notamment, se situent désormais entre 2% et 2,25%.

Signe du vent d'inquiétude qui saisissait les investisseurs jeudi, l'indice de volatilité des marchés (VIX) atteignait un plus haut depuis février, une période où les indices boursiers avaient connu plusieurs séances de chutes brutales.

Pour autant, Mme Lagarde, qui s'exprimait en marge d'une réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI), a reconnu que le resserrement des taux américains se combinait d'une façon "inédite" avec de vives tensions commerciales pour assombrir la conjoncture mondiale. Le Nasdaq, à forte coloration technologique a perdu 4,08%, à 7422,05 points, sa pire séance depuis deux ans. Les bourses européennes atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis février. La chute de Wall Street découle surtout d'une dégringolade des valeurs technologiques, traditionnels moteurs de la hausse des indices, mais particulièrement malmenées depuis une semaine. "Les valeurs de la technologie souffrent car les gérants de portefeuille se détournent de ce secteur de croissance pour aller vers des entreprises qui présentent davantage de sécurité", voire vers d'autres produits financiers, a réagi Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

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