Une nouvelle ligne de défense — Tariq Ramadan

Claudine Rigal
Octobre 22, 2018

A sa demande, Tariq Ramadan a rendez-vous lundi avec les juges d'instruction à Paris pour donner sa nouvelle version des faits après la révélation de SMS compromettants avec l'une des femmes l'accusant de viol.

Un an après la première plainte contre lui, les quelque 399 SMS exhumés d'un vieux téléphone de la deuxième plaignante, surnommée "Christelle" par les médias, sont désormais au cœur de l'enquête sur l'intellectuel musulman. Cette femme a dénoncé l'an dernier une violente agression sexuelle lors de leur unique rencontre, le 9 octobre 2009 à Lyon.

Le quinquagénaire a toujours nié tout rapport physique avec cette femme. Il avait déposé dans la foulée une troisième demande de libération, rejetée depuis.

Car sa version avait été contredite la semaine suivante par l'expertise du vieux téléphone de " Christelle", versé au dossier peu après l'incarcération de Tariq Ramadan. "Tu n'as pas aimé.je suis désolé", écrivait-il après dans l'un de ses 255 messages.

"J'ai senti ta gêne... désolé pour ma 'violence'".

L'avocat de l'intellectuel, Me Emmanuel Marsigny, avait réagi en analysant ces messages comme la preuve d'une relation annoncée et consentie.

Me Éric Morain, l'avocat de "Christelle", a salué un "tournant majeur" dans l'enquête, arguant que les messages démontrent "l'emprise" exercée sur sa cliente.

Mais l'horodatage des 144 SMS de "Christelle" n'ayant pas été retrouvé, l'enquête doit reconstituer le fil des conversations. Dans un de ces messages non datés, "Christelle" écrit "tu m'as manqué dès que j'ai passé la porte" et dans un autre "si je passais un mauvais moment je serais partie". Mis en examen le 2 février pour viol sur deux femmes, il est détenu à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, dans le Val-de-Marne.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL