Une plainte a été déposée contre la France

Claudine Rigal
Octobre 10, 2018

Une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l'humanité en raison des essais nucléaires expérimentés en Polynésie.

"C'est avec un grand sentiment du devoir et de détermination que le 2 octobre nous avons déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité". Oscar Temaru souhaite un procès et compte amener les présidents vivants en exercice à l'époque à s'expliquer.

"Les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d'une colonisation, poursuit l'indépendantiste polynésien".

Une annonce réalisée à l'occasion d'un entretien entre les représentants polynésiens ainsi que les membres d'une commission de l'ONU s'étant spécialisée dans les questions de décolonisation.

En 30 ans, la France a mené dans les atolls de Mururoa et de Fangataufa pas moins de 193 essais nucléaires qui ont eu des répercussions sanitaires et environnementales. "Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire", a déclaré Oscar Temaru, l'ex-président de la Polynésie. Contrairement au discours français, nous n'avons pas accepté d'accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l'établissement d'une gouvernance militaire si nous refusions.

Le dirigeant indépendantiste a précisé qu'un "dialogue responsable" avait été recherché depuis 2013 avec "la puissance administrative" sous la supervision des Nations unies.

Toutefois cette action en justice risque de ne pas aboutir car la CPI n'est compétente que face à des crimes graves et répétés commis après le 1er juillet 2002, or les essais se sont terminés en 1996. Ces centaines de tests ont eu de nombreuses répercussions sur la santé des habitants de ces îles ainsi que sur la faune et la flore bien spécifique de cet archipel. En 2010, un premier pas a été fait avec l'instauration d'une loi visant à indemniser les victimes, cependant ce dispositif est jugé bien trop restrictif par les locaux qui en attendent bien plus.

Le président de la Polynésie française Édouard Fritch, accompagné d'une délégation de leaders de sa majorité, a également été entendu mardi par la commission de l'ONU."J'affirme à nouveau que mon pays, la Polynésie française, est un pays autonome qui se gouverne librement et démocratiquement", a-t-il affirmé, insistant pour dire que son pays "ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d'oppression". Seule une vingtaine de Polynésiens atteints de cancers avaient ainsi obtenu une indemnisation par le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen).

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