Une salle de repos "accessible au mérite" crée un scandale — SNCF

Xavier Trudeau
Octobre 15, 2018

Un fauteuil molletonné et un joli canapé rouge trônent dans une petite salle du centre SNCF d'Asnières, dans les Hauts-de-Seine.

D'après une affiche transmise au média par un syndicat, le centre d'Asnières prévoit de récompenser les trois agents gagnants avec des chèques-cadeaux d'une valeur allant de 100 à 250 euros. "Une honte @GroupeSNCF. L'esclave qui avait récolté le plus de coton avait le droit à une pause.", s'insurge le cheminot sur son compte Twitter. Pour obtenir le précieux Graal d'une pause de vingt minutes sur son temps de service, l'agent de la SCNF doit, par exemple, effectuer une "bonne prise en charge d'une situation particulièrement compliquée" ou "une excellente note à une ECM" (enquête client mystère).

"La SNCF, contactée par le HuffingtonPost, assure qu'" il s'agit d'une initiative locale qui ne répond aucunement à une éventuelle consigne de la direction de l'entreprise ".

Nouvelle méthode de management de l'entreprise publique? Dans cette affaire, la société plaide non coupable et affirme avoir "demandé le retrait de toutes les affiches apposées", ajoutant qu'elle "ne sait pas qui a mis en place ces affiches". Cette pièce, baptisée " salle détente", est mise à la disposition des cheminots durant leurs pauses.

"Ce concours peut sembler une pression positive, mais c'est surtout une pression négative, estime auprès du Huffington Post le militant SUD-Rail Éric Bezou". "Ce que veut Guillaume Pepy (président de la SNCF), c'est la méritocratie".

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