Vers un divorce sans accord, après l'échec de nouvelles négociations — Brexit

Claudine Rigal
Octobre 18, 2018

La Première ministre britannique Theresa May réunira mardi, à la veille du sommet, ses principaux ministres pour évoquer notamment la question explosive de la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, devenue la principale pierre d'achoppement des négociations et source de divisions au sein du gouvernement britannique. "En travaillant intensément ensemble, je pense qu'on peut résoudre ces problèmes", a déclaré Theresa May.

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier (G), et le président du Conseil européen, Donald Tusk (D), à Bruxelles le 16 octobre 2018.

Le dirigeant irlandais demande au Royaume-Uni de " faire en sorte qu'aucune frontière dure ne sera mise en place sur l'île d'Irlande", quel que soit le scénario du Brexit.

La Première ministre est attendue en début de soirée à Bruxelles pour une courte intervention devant les dirigeants de l'UE, avant que ces derniers ne se retrouvent entre eux pour un dîner à 27. "Calme et patience", a de son côté exhorté le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier à son arrivée au sommet". Nous avons besoin de temps, de plus de temps " pour arriver à un compromis à la fois sur les conditions du divorce et sur la future relation, a-t-il souligné.

Au cours d'une rencontre avec des industriels à Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'est voulue confiante, tout en soulignant la nécessité de préparer un potentiel échec des négociations. "Mais les dernières discussions entre l'UE et Londres sont restées vaines, butant principalement sur la solution qui permettrait d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, afin de sauvegarder les accords de paix de 1998".

L'UE inquiète de la position du gouvernement britannique. Les 27 disent se tenir prêts à convoquer un Conseil européen lorsque le négogiateur de l'Union, le français Michel Barnier, fera état d'un " progrès décisif", a-t-on appris dans l'entourage du président du Conseil Donald Tusk.

Et samedi, c'était l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui affirmait dans la presse nord-irlandaise que Theresa May a commis une "terrible erreur" en acceptant le principe de cette clause de sauvegarde.

" Nous avions bon espoir de sceller un accord de sortie, mais, à l'heure actuelle, cela semble plus difficile en raison des problèmes qui entourent la question de l'Irlande et de l'Irlande du Nord".

Prolonger la période de transition permettrait de donner plus de temps pour négocier un accord commercial avec le Royaume-Uni et augmenter ainsi les chances d'éviter d'avoir à recourir au "filet de sécurité" ("backstop") en Irlande.

Prolonger la transition, " ce n'est pas une solution en tant que telle. Mais le "plus dur reste pour la fin": la question des 500 km de frontière entre l'Eire et l'Irlande du Nord appelés à devenir la seule séparation terrestre entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Dans son invitation aux chefs d'Etat et de gouvernement publiée lundi soir, Donald Tusk a estimé le scénario d'une absence d'accord "plus probable que jamais".

La Première ministre propose que le Royaume-Uni entier reste aligné pour un temps limité sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange sur les biens.

Si Theresa May savait véritablement ce qu'elle veut, il serait possible de s'entendre sur tout, a-t-elle dit, jugeant que le Royaume-Uni devait se rassembler derrière elle.

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