9 mois après, Tariq Ramadan recouvre la liberté — Justice

Claudine Rigal
Novembre 18, 2018

"J'irais fuir où? Alors que tout va vers mon innocence [.] Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence", a déclaré depuis le box l'islamologue pour tenter de convaincre la chambre de l'instruction de faire droit à sa quatrième demande de mise en liberté.

"Il est évident que les aveux de M. Ramadan après neuf mois de mensonges ont joué dans cette décision", a ajouté Me Éric Morain.

Tariq Ramadan, qui doit remettre son passeport suisse, a interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra aussi pointer une fois par semaine au commissariat. Leurs plaintes successives avaient lancé l'affaire à l'automne 2017. Alors que tout va vers mon innocence.

Pour l'heure pas de communication officielle de la part de Tariq Ramadan ou de ses conseils. Christelle (nom d'emprunt) craint également les fidèles de l'islamologue, qu'elle décrit auprès d'Europe 1 comme des "gens dévoués, corps et âme, aveuglés, qui sont dangereux". "Le fait de laisser sortir monsieur Ramadan, veut dire, dans leur tête: 'nous avons une impunité totale', ce qui est problématique", déplore-t-elle. La militante féministe dit avoir été "harcelée" et avoir "reçu des appels anonymes, des insultes" dans la nuit de jeudi à vendredi. "On me dit que je vais le payer". "Je suis plus choquée par ce regain de violence à mon encontre que par sa libération en fait".

L'islamologue suisse, soupçonné de viols sur deux femmes, a de nouveau clamé son innocence, ce jeudi, devant la cour d'appel de Paris. Dans sa plaidoirie, l'avocat a notamment relu les messages des deux présumées victimes, que ces dernières n'ont jamais contestés, et expliqué que la nature de ces messages attestait le fait qu'il n'y ait, selon lui, pas eu viol. C'est vrai que j'ai commis une erreur, j'ai pensé à protéger ma famille. Mais qui a menti le plus? "Qui a instrumentalisé le mouvement #MeToo?" s'est défendu M. Ramadan, reprochant à ses accusatrices de "se répandre dans les médias". "La cour ne va pas se prononcer sur les charges qui pèsent contre vous, mais sur la question de votre maintien ou non en détention", lui a rappelé le président de la cour d'appel de Paris jeudi.

À tour de rôle, les avocats de la défense et des deux plaignantes se sont renvoyé les accusations de menaces sur les protagonistes du dossier et leur entourage.

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