Aménagement: Le droit du transport se transforme en droit de la mobilité

Xavier Trudeau
Ноября 29, 2018

- Tout le territoire sera couvert par des "autorités organisatrices de la mobilité", communautés de communes ou régions, ces dernières ayant pour mission de coordonner les modes de déplacements sur leur territoire. Elles seront conseillées par des "comités de partenaires" comprenant des usagers et des employeurs. "L'Etat fixe le cap, facilite et accompagne", poursuit-elle, à charge ensuite pour les collectivités territoriales et les différents acteurs de la mobilité de choisir ce qui les intéresse. "Les solutions concrètes viendront essentiellement des territoires", complète la ministre, puisque les collectivités locales ont à leur charge la compétence mobilité.

Dans les faits, les véhicules les plus polluants d'après la classification Crit'Air pourront être bannis des périmètres retenus selon des modalités - dates, plages horaires, éventuelles dérogations - à la discrétion des collectivités. L'État veut montrer l'exemple et généralisera la mise en place de ce forfait mobilité durable pour tous ses agents d'ici 2020, à hauteur de 200 €/an.

La loi va clarifier le cadre du covoiturage et celui des véhicules en libre-service comme les trottinettes électriques ou les vélos. Régions et agglomérations devront aussi, d'ici à 2021, veiller à ce qu'existent partout des applications permettant de trouver le meilleur itinéraire, de payer son trajet, de valider son ticket, etc.

Le "plan vélo", présenté en septembre dernier, a été intégré dans la loi. Concrètement, le gouvernement met sur la table 350 millions d'euros étalés sur sept ans, notamment pour aménager des pistes cyclables.

Le déploiement de zones à faible émission pour un air plus respirable.

Difficile de ne pas saluer l'initiative d'un projet de loi d'orientation des mobilités, alors qu'aucun gouvernement ne s'était donné la peine de prendre de telles mesures depuis 1982. Une quinzaine de métropoles françaises se sont engagées à suivre le mouvement.

Comme l'a annoncé Emmanuel Macron au début du mois, le permis de conduire sera révisé pour le rendre moins cher et plus rapide à obtenir.

La priorité est donnée à ce que l'exécutif appelle les transports du quotidien plutôt qu'aux mégaprojets, pas officiellement abandonnés mais renvoyés à plus tard, avec un accent particulier mis sur le réseau ferroviaire.

Un plan qui sera, sans doute, scruté avec attention par les gilets jaunes et les élus locaux qui ne cessent de dénoncer l'abandon des territoires.

Le gouvernement compte par ailleurs mettre un milliard d'euros sur la table, sur une durée de dix ans, pour achever la réalisation d'une vingtaine d'axes routiers et 2,6 milliards d'euros, également sur une décennie, pour remédier à la saturation de certains noeuds ferroviaires. Les grands projets, en revanche, sont réduits à la portion congrue.

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