Carnet de santé numérique : il arrive enfin chez vous

Evrard Martin
Novembre 8, 2018

Vous pouvez vous opposer à ce qu'une information médicale soit versée à votre dossier, et masquer une information (sauf au médecin traitant, qui a accès à tout le dossier).

Non obligatoire, "gratuit, confidentiel et sécurisé", le DMP "conserve précieusement" les informations de santé du patient, libre de les partager avec son médecin traitant, son kinésithérapeute, son infirmière, etc., promet l'Assurance maladie.

Quoi qu'il en soit, le carnet de santé numérique peut être fermé à tout instant à la demande de l'assuré. C'est beaucoup plus qu'un carnet de santé, car médecins et patients peuvent mettre dans ce fichier numérique les traitements, les radios, les analyses biologiques, les comptes rendus opératoires, les antécédents médicaux, et les allergies.

Eviter ce type d'incident, mais aussi les interactions médicamenteuses dangereuses ou les actes redondants et inutiles est la vocation du DMP, également censé favoriser la coopération entre les professionnels de santé.

Le directeur général de l'Assurance maladie, Nicolas Revel, et le président de France Assos Santé, qui regroupe 80 associations de patients, participeront au "lancement officiel" de la nouvelle version de cet outil présenté dès 2004 par Philippe Douste Blazy, l'un des prédécesseurs de Mme Buzyn. Il est de ce fait particulièrement recommandé aux personnes atteintes de pathologies chroniques ou aux femmes enceintes.

Le déploiement de ce DMP a été confié à l'Assurance maladie en 2016 par la loi santé de Marisol Touraine, après une dizaine d'années d'atermoiements coûteux.

Il faut avant tout savoir que ce dossier médical peut être rempli par l'assuré lui-même. Alors que l'on peut "commander un billet de TGV" ou "consulter ses comptes bancaires sur son smartphone", il est grand temps de pouvoir accéder facilement à ses propres informations de santé, s'est-il félicité, saluant "un jour à marquer d'une pierre blanche". L'objectif fixé avec des syndicats de professionnels de santé est de 40 millions de DMP créés d'ici à 5 ans. Ni l'administration (y compris l'Assurance maladie), ni les mutuelles, ni aucun opérateur privé n'a le droit d'y avoir accès, ni d'en demander une copie.

Il n'y a en revanche "pas d'incitation aux médecins parce qu'ils ne l'ont pas souhaité" et manquent de temps médical.

En outre, c'est l'Assurance maladie qui injectera automatiquement dans le DMP "l'historique des remboursements" des actes et des médicaments sur les deux dernières années, alors que les précédents DMP étaient plutôt vides.

Toutes ces données sont conservées pendant dix ans.

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