Européennes : un clip du gouvernement fait polémique

Pierre Vaugeois
Novembre 4, 2018

Les élections européennes auront lieu en mai 2019.

En moins d'une semaine, la vidéo a déjà été visionnée plus d'un million de fois. "Elle doit donc être retirée, et remboursée aux Français, ou comptabilisée dans les dépenses de campagne du parti d'Emmanuel Macron", s'est également indigné l'ancien député Jean-Frédéric Poisson, aujourd'hui proche de Nicolas Dupont-Aignan. Après la publication d'un clip par le gouvernement français sur les élections de 2019 critiquant ouvertement Orban et Salvini, l'opposition de tout bord s'inquiète d'une vidéo de "propagande".

Dans cette courte vidéo d'à peine 30 secondes, le gouvernement passe en revue les grands enjeux des élections à venir: immigration, climat, emploi mais surtout l'Europe, "union ou division?", en pointant directement du doigt Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, et Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Les images sont choc et la musique alarmiste.

Deux jours après la parution du clip, Matteo Salvini s'est indigné. On peut remonter à 1984 pour trouver trace d'un clip biaisé de manière assez nette en faveur de la construction européenne, présentée comme instrument de "la paix entre les peuples de l'Europe", un "espace de liberté" où les Européens partagent "les mêmes droits, les mêmes espérances, le même avenir". Sur les réseaux sociaux, les sympathisants et militants d'extrême-droite et de gauche ont été nombreux à réagir, estimant qu'Emmanuel Macron avait "pris en otage les élections" ou encore qu'il "vomissait" sur Salvini et Orban.

Dans un tweet publié le 2 novembre, la président du Rassemblement national Marine Le Pen en a profité pour tacler l'éditorialiste de BFM TV Christophe Barbier, ironiquement qualifié de "porte-parole du gouvernement". "Ce clip gouvernemental est une scandaleuse propagande officielle au profit du parti au pouvoir", a dénoncé le sénateur PS Rémi Féraud, qui estime que "l'État LaREM" est en fait "un pompier pyromane". "La propagande avec de gros sabots!", a enfin commenté l'ex-ministre Thierry Mariani, pressenti pour figurer sur la liste RN lors de ces européennes. Il a l'intention de saisir le CSA et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques face à ce "nouveau manquement éthique". C'est pourquoi il vient de lancer avec des fonds publics une vidéo partisane. "Or c'est totalement illégal, a-t-elle ajouté". "Le gouvernement français publie, avec l'argent des contribuables, un clip officiel pour les Européennes en m'utilisant comme un épouvantail", a-t-il écrit sur Twitter. Macron et ses amis doivent avoir très peur.

Si l'objectif était de faire parler du scrutin européen, c'est réussi.

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