La détention de Carlos Ghosn devrait être prolongée

Xavier Trudeau
Ноября 30, 2018

Le tribunal de Tokyo a approuvé vendredi la prolongation de la garde à vue de Carlos Ghosn pour une durée de 10 jours supplémentaires, soit jusqu'au 10 décembre, ont rapporté les grands médias japonais. Les investigations pourraient donc théoriquement être étendues à d'autres années, ou à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien sauveur d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais de la compagnie.

Dans ce cas, Carlos Ghosn, qui nie toute malversation, pourrait être de nouveau interpellé et le processus se répéter.

La télévision japonaise parle de l'arrestation de Carlos Ghosn, à Tokyo, le 21 novembre 2018.

Le président de la République, Emmanuel Macron, doit rencontrer le Premier ministre japonais Shinzo Abe en marge du G20 de Buenos Aires, en Argentine, pour aborder l'épineux dossier Renault-Nissan, a précisé à Reuters une source à l'Elysée.

"Pour le moment, aucune décision n'a été prise quant à la tenue de discussions", a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement nippon, Yasutoshi Nishimura. Évincé de la présidence de Nissan et de Mitsubishi Motors après ces accusations, qu'il rejette selon la presse nipponne, Carlos Ghosn est toujours PDG du groupe Renault et de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Sans trancher la question de la gouvernance.

A cette date, le puissant patron, qui a été révoqué de Nissan et Mitsubishi Motors mais reste PDG de Renault, pourra être libéré sans charges ou inculpé.

En plus du maintien de leur alliance, les trois géants de l'automobile ont annoncé avoir "conclu des accords de collaboration stratégique avec d'autres constructeurs, dont Daimler [Allemagne, ndlr] et Dongfeng [Chine, ndlr]" et "est en tête dans la fabrication de véhicules zéro émission [de dioxyde de carbone, ndlr]". Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir dissimulé des revenus. Son homologue de Mitsubishi a tenu le même discours: "jusqu'à présent, une seule personne était aux commandes. C'est une grosse différence". Des employés et des responsables de Nissan s'exprimant sous couvert d'anonymat, auprès de l'AFP et dans la presse, ont aussi fait état de leur ressentiment face à une alliance jugée déséquilibrée et sous influence de l'Etat français.

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