La lutte contre la paludisme au point mort, selon l'OMS

Evrard Martin
Novembre 21, 2018

"Personne ne devrait mourir du paludisme".

La lutte contre le paludisme, l'une des premières causes de mortalité au monde, stagne alors que 219 millions de cas ont été enregistrés en 2017, soit deux millions de plus que l'année précédente, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié lundi. Dix de ses pays concentrent à eux seuls 150 millions de cas et 275 000 décès sur les 219 millions recensés en 2017 dans le monde.

Pour inverser cette tendance et espérer améliorer la lutte contre cette maladie dans le monde et dans certains pays, l'OMS envisage de galvaniser l'attention politique nationale et mondiale pour faire baisser le nombre des décès dus au paludisme; utiliser stratégiquement l'information; élaborer les meilleures orientations politiques et stratégiques mondiales à tous les pays d'endémie et mettre en œuvre une riposte coordonnée dans les pays. Ainsi, en 2017 toujours, " environ la moitié des personnes à risque en Afrique ne dormait pas sous une moustiquaire imprégnée ".

Malgré des hausses marginales ces dernières années dans la distribution et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide, principal moyen de prévention du paludisme, en Afrique subsaharienne, le rapport établit de grandes lacunes dans la couverture. "La nouvelle action menée par les pays va relancer des efforts énergiques de lutte contre le paludisme et sera essentielle pour redresser le cap dans la lutte contre l'un des problèmes de santé les plus pressants auxquels nous soyons confrontés". "Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre deux objectifs, [à savoir] réduire de 40% l'incidence du paludisme et la mortalité associée (par rapport aux niveaux de 2015)", a jugé le directeur-général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le rapport décrit quand même quelques progrès.

En 2018, l'OMS a certifié que le Paraguay est exempt de paludisme et c'est le premier pays des Amériques à obtenir ce statut en 45 ans.

L'Inde compte pour 4% des cas, mais, contrairement au pays d'Afrique où le paludisme sévit le plus, le nombre de personnes touchées y a diminué de 24% entre 2016 et 2017.

"Quand les pays donnent la priorité à l'action contre le paludisme, ils obtiennent des résultats en termes de vies sauvées et de baisse du nombre des cas", indique la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique. Plus d'un quart de ces fonds provenait des pays touchés eux-mêmes, même si les États-Unis restent le plus gros contributeur avec 1,2 milliard de dollars investis (1 milliard d'euros).

Pour réaliser les objectifs fixés dans la stratégie mondiale pour 2030, les investissements dans la lutte antipaludique devraient atteindre au moins US $6,6 milliards par an d'ici 2020 - soit plus du double de la somme disponible aujourd'hui.

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