La porte-voix des policiers "en colère" est morte

Pierre Vaugeois
Novembre 13, 2018

C'est l'un des collègues de Maggy Biskupski qui, inquiet de ne pas avoir de ses nouvelles, a prévenu les secours, selon les informations du Parisien, qui ajoute que les pompiers n'ont rien pu faire face aux graves blessures de cette employée à la brigade anticriminalité (BAC) des Yvelines. Voici comment Maggy Biskupski débutait sa tribune sur Le HuffPost en juillet dernier, en pleine affaire Benalla, déplorant la différence de traitement entre l'ancien responsable de la sécurité d'Emmanuel Macron et les policiers de terrains.

Maggy Biskupski s'était notamment retrouvée au cœur du drame de Magnanville lorsque, le 13 juin 2016, deux policiers - Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider - ont été abattus à leur domicile par le djihadiste Larossi Abballa. Maggy Biskupski était une des porte-parole de l'association "Mobilisation des policiers en colère", une association de policiers non syndiqués créée au lendemain d'une attaque à Viry-Châtillon où deux gardiens de la paix avaient été gravement blessés en octobre 2016. L'enquête judiciaire nous éclairera.

Membre des "policiers en colère".

Maggy Biskupski, âgée de 36 ans, était visée par une procédure de l'IGPN pour être sortie de son devoir de réserve lors de ses prises de positions faisant suite à l'attaque de Viry-Châtillon.

Avant de devenir l'un des visages de femme policière les plus connus de France, cette native de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, avait été assistante de direction. "C'était une engagée. On pouvait ne pas être d'accord avec elle (.) mais c'était une engagée pour une cause, celle de défendre les policiers, l'honneur des policiers, les moyens matériels des policiers", a réagi ce mardi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Le drame a suscité également beaucoup de réactions dans le monde politique.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez l'a qualifiée dans un tweet de "symbole d'une police à bout", "elle portait le combat de ceux qui nous protègent au quotidien". Nous n'avons pas su la protéger. "Hommage aux forces de l'ordre, à leur courage et à leur engagement sans faille", a-t-il déclaré.

Pour Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, ce " suicide (.) est le terrible symbole de la souffrance des policiers qu'elle dénonçait inlassablement. "Vite une Commission d'enquête" sur les suicides des policiers et des gendarmes, pour "agir contre cette souffrance", a réclamé de son côté dans un tweet le député de La France insoumise Alexis Corbière, citant le chiffre de 135 suicides en 2017.

Sa mort suscite un vif émoi, teinté de colère, chez les représentants des policiers. "Maggy était une vraie baqueuse dotée d'une mentalité 100% police". C'est à ce moment qu'elle avait fondé l'association 'Mobilisation des policiers en colère'. "RIP Maggy", écrit France Police - Policiers en Colère sur son site.

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