L'Elysée réfléchit à une "panthéonisation" autour de l'écrivain Maurice Genevoix

Claudine Rigal
Novembre 6, 2018

S'il n'est pas l'écrivain le plus célèbre à avoir combattu pendant la Grande Guerre (l'auteur du "Grand Meaulnes", Alain-Fournier tombe à 27 ans en septembre 1914), Maurice Genevoix peut incarner, tant par son parcours militaire que par le récit qu'il livrera des combats, "toute cette armée qui était un peuple, ce grand peuple qui devint une armée victorieuse", selon les termes choisis par le président de la République.

" Je souhaite qu'ils franchissent ce seuil sacré avec Maurice Genevoix, leur porte-étendard", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron tenait à saluer aux Eparges la mémoire de Maurice Genevoix, l'un de ses écrivains préférés, qui y a été blessé et en a fait le récit saisissant dans son recueil "Ceux de 14".

"L'Élysée envisage de recourir à son traditionnel "en même temps": "associer" Maurice Genevoix au Panthéon, "sans se limiter à lui" et sans forcément faire entrer sa dépouille".

France Inter précise que le Panthéon n'accueille actuellement pas de poilu de la Première guerre mondiale, dont la mémoire est plutôt honorée au pied de l'Arc de triomphe. Incorporé comme sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie, il participe à la bataille de la Marne et à la marche sur Verdun. Le 25 avril 1915, il est grièvement blessé sur la côte des Éparges, un village de la Meuse surmonté d'une colline stratégique qui va engloutir 12.000 hommes en quatre mois. "Suivront " Nuits de guerre " (1917), " Au seuil des guitounes " (1918), " La boue " (1921) et " Les Eparges " (1923) réunis sous le titre " Ceux de 14 " en 1949".

"Ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes, et nous l'avons fait", écrit-il dans ce magistral témoignage, dénué de toute analyse subversive.

Il reste marqué à vie par les combats des tranchées. Mais "contrairement aux autres, le président actuel est un grand lecteur de Maurice Genevoix", révèle un habitué de l'Elysée au Figaro. De retour dans son pays natal, le Val de Loire, il écrira par la suite des dizaines d'hymnes aux habitants de la Sologne, aux bêtes de la forêt, aux eaux du fleuve et des étangs, dont " Raboliot " (1925) qui lui vaudra le prix Goncourt. "Il ne s'agit pas de glorifier la personne de Maurice Genevoix, mais bien le témoin".

"Ma réaction est une très grande émotion" réagit Julien Larere-Genevoix, le petit-fils de l'écrivain au téléphone de France Bleu Orléans.

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