Les assises de Corrèze jugent la mère de Séréna, l'enfant "du coffre"

Claudine Rigal
Novembre 12, 2018

En octobre 2013, ce garagiste de Terrasson (Dordogne) découvrait une petite fille dans le coffre d'une voiture. Un "déficit fonctionnel à 80%", un "syndrome autistique vraisemblablement irréversible", a souligné une expertise mi-2016. Elle aurait pourtant passé une partie de sa vie dans cet emplacement sans lumière et avec peu d'air...

Elle est jugée pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente sur mineure de 15 ans par ascendant, une infraction passible de 20 ans de réclusion criminelle. Mais lui bénéficia d'un non lieu: il a toujours affirmé n'avoir rien su de la grossesse, de la présence du bébé, dans la voiture (il ne conduit pas) ou dans le garage de leur maison de Brignac-la-Plaine en Corrèze. Et "un lien de causalité" avec l'isolement, le confinement subis.

Le cas de "Séréna" - le prénom donné par la mère - "défie l'imagination", admettra le procureur de Brive à l'époque.

Séréna, qui aura 7 ans fin novembre, vit à présent en famille d'accueil. Alors que sa mère vient effectuer des réparations sur sa voiture, deux garagistes sont alertés par des gémissements et une odeur épouvantable. "Cérébralement, il reste des séquelles qui sont des séquelles sur lesquelles il n'y aura manifestement aucune possibilité de retour à la normale", a déclaré ce lundi Me Isabelle Faure-Roche, avocate du Conseil départemental de la Corrèze, juste avant l'ouverture du procès de la mère de la fillette, à Tulle.

Selon la Corrézienne, elle n'aurait pris conscience de sa grossesse qu'au huitième mois et l'avait cachée à son entourage, voire son conjoint. Le 24 novembre 2011, elle avait accouché seule, chez elle. "Je me suis enfermée dans un mensonge, un gouffre.", témoigne Maria-Rosa Da Cruz dans l'émission "Sept à Huit" en novembre 2013. "Le dossier met en avant le déni de grossesse, qui ne paraît pas contestable". Elle racontera qu'elle nourrissait l'enfant, la sortait du coffre, passait du temps avec elle le soir, même si "elle ne pouvait s'en occuper comme des trois autres".

L'avocate de la défense, sollicitée, n'a pas souhaité s'exprimer en amont du procès.

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