Les employés de Google protestent à travers le monde — Harcèlement sexuel

Xavier Trudeau
Novembre 2, 2018

Des manifestants se sont ainsi rassemblés dans de nombreuses villes. Son enquête a permis de révéler que Google s'arrangeait ces dernières années pour cacher les cas de harcèlement sexuel au sein de la compagnie, tout en se séparant des auteurs présumés trop embarrassants, dont plusieurs cadres haut placés, mais en leur accordant de grosses indemnités. M. Rubin a nié ces allégations.

Le PDG, Sundar Pichai a fait savoir dans une déclaration écrite qu'il soutenait les employés qui choisissaient de débrayer. Le mouvement a ensuite gagné l'Europe. Des centaines d'employés de sa filiale YouTube se sont aussi mobilisés. "Chez Google, nous mettons la barre très haut et nous n'avons clairement pas répondu à nos propres attentes", a-t-il notamment expliqué lors de cette conférence organisée par le " New York Times ". Environ 500 employés se sont rassemblés dans un espace extérieur du siège européen de Google à Dublin. Selon lui, Google a "adopté une position très stricte " concernant les comportements inadéquats ces dernières années mais "des moments comme celui-ci montrent que nous ne l'avons pas toujours fait correctement ". Et d'annoncer que " des actions concrètes approchent ". Et à Londres, des centaines d'autres se sont réunis dans une grande salle de l'entreprise avant de sortir dans la rue.

D'autres rassemblements ont été organisés à Berlin et Zurich, selon le compte Twitter des organisateurs.

A Tokyo, Google a refusé l'accès de ses bureaux à une équipe de l'AFP et a également refusé de donner "des détails sur l'activité de ses employés au Japon ou ailleurs". Certains étaient munis de pancartes affirmant que "L'heure est venue pour la high-tech " ("Time's Up Tech "), une référence au mouvement "Time's Up " de défense des personnes victimes de harcèlement sexuel, né dans la foulée du #MeToo en octobre 2017.

Les organisateurs attendaient 1 500 participants, dans une vingtaine de bureaux du monde, mais ce chiffre pourrait être plus important au vu des images des rassemblements qui circulent depuis jeudi matin sur les réseaux sociaux. "Mais nous avons aussi des objectifs en tant qu'entreprise", a-t-elle ajouté, soulignant qu'une des valeurs de Google était "le respect ".

Le patron de Google Sundar Pichai avait indiqué peu après, sans donner de noms, que le groupe avait renvoyé 48 salariés, dont treize hauts responsables, pour harcèlement sexuel au cours des deux dernières années mais qu'aucun n'avait reçu d'indemnités de départ.

Mercredi, Alphabet, la maison mère de Google, a confirmé que Rich DeVaul, un responsable de "X", la division du groupe dédiée aux projets futuristes (ballons pour diffuser internet, drones de livraison...), venait de quitter Alphabet sans indemnités.

Mardi soir, dans un autre message interne rendu public par le site spécialisé Ars Technica, le dirigeant s'est dit "profondément désolé pour les actions passées et le mal qu'elles ont causé aux employés".

Les hauts cadres de Google couverts par leur direction alors qu'ils sont accusés de harcèlement sexuel, ça suffit! D'après le quotidien, il avait fait des avances en 2013 à une femme qui postulait à un emploi au sein du groupe.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL