L'ex-milicien Alfred Yekatom, premier Centrafricain transféré à la CPI — La Haye

Claudine Rigal
Novembre 21, 2018

La première comparution de M. Yekatom aura lieu devant la Chambre préliminaire II de la CPI, composée du juge Antoine Kesia‐Mbe Mindua, juge président, de la juge Tomoko Akane et du juge Rosario Salvatore Aitala.

"C'est historiquement parlant la première extradition d'un criminel de masse présumé en RCA vers la CPI, depuis l'ouverture de l'enquête sur la Centrafrique en septembre 2014 sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui y ont été commis à partir de 2012", salue La Nouvelle Centrafrique. Le suspect sera informé des charges portées à son encontre.

En 2015, M. Yekatom, également connu sous le nom de colonel Rombhot, ou parfois "Rambo", avait été placé sous sanctions de l'ONU et du Trésor américain. Il aurait dirigé un groupe de 3.000 combattants au sein du mouvement anti-Balaka, qui s'est livré à des attaques systématiques contre la communauté musulmane de Centrafrique. Il a été arrêté fin octobre après avoir tiré dans l'hémicyle.

Quand ses crimes de guerre concernent le meurtre, la torture et les traitements inhumains, les mutilations, les attaques intentionnelles contre la population civile, des attaques intentionnelles des bâtiments consacrés à la religion, l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans et les faire participer activement à des hostilités, le déplacement de la population civile et la destruction des biens de l'adversaire.

Le transfèrement d'un ex-chef de milice centrafricain à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye renforce "la cause de la justice" dans ce pays ravagé par des violences meurtrières depuis 2012, a déclaré samedi le procureur de la Cour. Il serait responsable des crimes suivants dans différents endroits en RCA, notamment à Bangui et dans la préfecture de Lobaye, entre le 5 décembre 2013 et août 2014. "Ceux qui pensent s'arroger une amnistie à la table des négociations font fausse route", a réagi Pierre Brunisso, de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) à Bangui.

Depuis 2012 et le début de l'offensive qui a abouti à la prise de Bangui par l'ex-coalition de la Séléka, la Centrafrique est le théâtre de violences quasi quotidiennes qui ont forcé un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile. Une mission onusienne de maintien de la paix, la Minusca, y séjourne depuis 2014 et, prenant la suite d'une intervention militaire française, tente de préserver les civils des violences.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL