L'OMS et ses partenaires intensifient la prévention et le traitement du paludisme

Evrard Martin
Novembre 23, 2018

L'Organisation mondiale de la Santé a recensé 219 millions de cas de paludisme en 2017 contre 217 millions en 2016 dans le monde, d'après son dernier rapport rendu public lundi 19 novembre.

D'après le Rapport sur le paludisme dans le monde 2018, environ 70% des cas de paludisme (151 millions) et des décès (274.000) se concentraient en 2017 dans 11 pays: 10 en Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo et Tanzanie) plus l'Inde.

"Nous devons changer de cap " a néanmoins conclu le directeur-général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus qui a promis l'élaboration d'un nouveau plan d'action.

Pour la deuxième année consécutive, le rapport annuel de l'OMS sur le paludisme révèle " une stagnation dans le nombre de personnes atteintes par le paludisme dans le monde ". Mais là encore, l'Afrique est le continent le plus durement touché, tandis que la situation s'améliore en Asie.

L'Inde, pays représentant 4% de la charge mondiale du paludisme, a enregistré une baisse de 24% du nombre des cas en 2017 par rapport à 2016. Dix d'entre eux sont des pays africains concentrant à eux seuls 150 millions sur 219 millions mondial en 2017. Signe positif, cependant, la baisse de la mortalité observée au niveau mondial a été particulièrement forte sur le continent, qui compte pour 88% des 172 000 morts en moins constatés depuis 2010.

En 2017, les sommes mobilisées pour lutter contre le paludisme s'élevaient à 3,1 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d'euros.

"Même si le financement de la lutte contre la paludisme est relativement stable depuis 2010, les investissements consentis en 2017 sont loin d'atteindre le niveau requis (.) pour réduire d'au moins 40% l'incidence du paludisme et la mortalité associée au plan mondial par rapport à 2015", estime l'agence de l'ONU. L'OMS estime que la moitié de la population à risque en Afrique dort désormais sous une moustiquaire, mais ce chiffre ne progresse que peu.

Pour réaliser les objectifs fixés dans la stratégie mondiale pour 2030, les investissements dans la lutte antipaludique devraient atteindre au moins US $6,6 milliards par an d'ici 2020 - soit plus du double de la somme disponible aujourd'hui.

Malgré des hausses marginales ces dernières années dans la distribution et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide, principal moyen de prévention du paludisme, en Afrique subsaharienne, le rapport établit de grandes lacunes dans la couverture. " Parallèlement, la résistance du parasite aux médicaments antipaludiques et celle du moustique aux insecticides menacent les progrès futurs ", met en garde l'organisation.

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