Londres et Bruxelles trouvent un compromis

Xavier Trudeau
Novembre 4, 2018

Il réfute ainsi une information du quotidien britannique selon laquelle "les négociateurs britanniques et européens ont conclu un accord de principe sur tous les aspects d'un futur partenariat sur les services, ainsi que sur l'échange de données".

Le Times a révélé ce jeudi que les négociateurs européens et britanniques se sont mis d'accord sur le volet financier du Brexit. Citant des sources gouvernementales, le quotidien britannique décrit un deal qui permettrait un régime d'équivalence élargie, sorte de reconnaissance mutuelle entre les deux parties, où Londres et Bruxelles reconnaîtraient réciproquement leurs règles financières pour permettre un large accès à leurs marchés respectifs.

"Rappel: l'UE peut accorder et retirer l'équivalence de certains services financiers de manière autonome". Il a dit vendredi que Dublin était en contact quotidien avec l'équipe de Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit.

La City de Londres s'est réveillée jeudi surprise par l'annonce du journal conservateur The Times qui titrait qu'un accord sur les marchés financiers post-Brexit avait été trouvé entre le Royaume-Uni et la Commission européenne. Mais Bruxelles n'a eu de cesse de combattre le " Cherry picking " de Londres, qui consiste à piocher uniquement les éléments les plus alléchants dans le marché unique.

Dans son plan de Chequers en juillet dernier, la première ministre britannique Theresa May avait requis un secteur des services qui conserverait une "autonomie" réglementaire, au grand dam de la City.

La livre a connu un net mouvement de hausse peu après 00H00 GMT à la suite de la publication de l'article du Times. La devise britannique s'approchait vers 08H00 GMT de 1,29 dollar, soit un plus haut en une semaine.

S'il est officialisé, cet accord rendrait le Brexit quasiment indolore pour l'industrie financière britannique.

Les négociations butent encore sur la manière d'empêcher le retour d'une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, membre de l'UE, principal point de désaccord entre les deux parties.

De son côté, le ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, a estimé qu'un accord sur la sortie de l'UE pourrait être scellé d'ici au 21 novembre, dans une lettre adressée à des parlementaires et publiée mercredi, affirmant que "95% de l'accord de retrait est maintenant réglé".

D'autres experts des places financières préfèrent ne pas se mouiller sur la possibilité d'un tel accord. " Cette mauvaise interprétation des négociations en cours ne lève pas les incertitudes qui poussent les entreprises à se relocaliser ailleurs en Europe, par simple précaution ".

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